LA MINORISATION DU FRANÇAIS

LA MINORISATION DU FRANçAIS

Robert Laplante

La neutralisation de la loi 101 est chose faite. La minorisation du français à
Montréal – et du coup pour tout le Québec – s’accélère à une vitesse foudroyante. Les
résultats des études du démographe Marc Termote parus cette semaine sont dramatiquement
éloquents.

Le français a reculé partout. Sur l’île de Montréal, les foyers où l’on parle le
français ont diminué de près de 6 %, passant de 61,2% à 55,1%. L’assimilation des
francophones se poursuit: au recensement de 1996, 22 000 francophones de langue maternelle
ont cessé de parler français à la maison. Le taux des transferts linguistiques du
français vers l’anglais se situe à 4,4 % pour les villes de la CUM et à 1,5 % pour
Montréal.

Les immigrants forment une population de 462 910 citoyens sur l’île de Montréal –
26,45 % de la population. Il faut ajouter à ce nombre 40 000 immigrants non permanents (
réfugiés en attente de statut, travailleurs temporaires, etc.) Dans cette population,
l’attraction de l’anglais reste extrêmement forte: "Si vous habitez la ville, vous
avez autant de chances de passer à l’anglais qu’au français; si vous habitez en dehors
de la ville de Montréal, vous avez deux chances sur trois de parler l’anglais"
indique le professeur Termote ( Le Devoir, 30 mars,99, p. A3).

Il s’en trouvera certainement pour encore tergiverser, pour lancer une bataille
d’indicateurs et débattre du meilleur moyen de mesure. Pour le citoyen, pourtant,
l’expérience quotidienne est claire et sans équivoque: la bilinguisation de la société
montréalaise s’accélère. L’éditorial de l’Action nationale du mois de février
illustrait clairement l’usage généralisé du bilinguisme institutionnel à Montréal.

Ce qu’il faut faire est connu:
1) abolir la loi 186
2) rétablir la clause dérogatoire ( dite "nonobstant" ) et restaurer la loi
101
3) intensifier la francisation des entreprises en rendant obligatoire le certificat de
francisation pour toute entreprise de 20 employés et plus
4) interdire toute forme de bilinguisme institutionnel dans les services publics et
para-publics financés par l’argent des contribuables
5) rendre la poursuite des études en français obligatoire dans le système public
jusqu’à la fin du CEGEP pour touts les enfants soumis à une loi 101 rétablis dans son
intégralité
6) réorganiser les structures publiques de la région métropolitaine pour traduire la
réalité de la majorité démographique francophone de l’agglomération métropolitaine
dans la configuration des structures municipales et régionales de manière à contrer
tout isolationnisme.

La loi 101 n’est plus un gage de sécurité. Elle peut même devenir un véritable
paravent derrière lequel se draperont les velléitaires qui n’ont pas la détermination
et le courage d’affronter la hargne de nos adversaires. Il faut le reconnaître: l’assaut
sur la francisation du Québec a porté fruit. Il n’y a pas lieu, dès lors, de s’étonner
des attaques du National Post et The Gazette sur les lambeaux de cette loi. Les forces
fédéralistes sont déterminées à "normaliser" notre situation, à réduire
notre présence à celle d’une composante régionale de la culture canadian. Charming.

L’Action nationale
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