LA «PARTITION»: UNE BOÎTE DE PANDORE

LA «PARTITION» : UNE BOÎTE DE PANDORE !

Jean-Paul Perreault
Président

Le fait que, dans son plan A, le «Canada de Calgary» offre aux
Québécois un partenariat qui banaliserait davantage encore un Québec relégué au
statut de province… comme les autres, à caractère unique… comme les autres, avec des
pouvoirs spéciaux… comme les autres, et cela, après cinquante ans d’âpres discussions
constitutionnelles où le Québec et les Québécois n’ont cessé de réclamer haut et
fort le respect qui leur est dû en tant que nation et peuple à part entière, ne peut
s’expliquer que comme la conséquence par trop prévisible des stratégies d’épouvante et
de chantage pratiquées en guise de plan B par le «Canada d’Ottawa».

Le Canada impose au Québec un agenda où il met à l’ordre du jour
comme sujets de discussion médiatique et, par conséquent, sociétale, pour le plan A, le
«caractère unique de la province de Québec» et, pour le plan B, la menace de
démembrer («partitionner») le territoire québécois.

Vous en conviendrez, il s’agit là de la stratégie éculée et
méprisable du négociateur qui est prêt à tout — menaces et intimidation, carotte et
bâton – pour ne pas lâcher le morceau!

Plan A, la carotte ! – Côté acceptation du «caractère unique»,
les Québécois ont fait leur choix depuis longtemps. Après avoir dit NON successivement
aux offres de Victoria, de Meech et de Charlottetown parce que nettement insuffisantes,
ils ont dit OUI à près de 50 % à la souveraineté lors du dernier référendum. Seul
Daniel Johnson semble pouvoir encore saliver devant cette ultime carotte…

Plan B, le bâton – Côté racisme ethnique : le démembrement (la
«partition»); les experts en droit international consultés par la Commission
Bélanger-Campeau sont pourtant très clairs sur la question : l’intégrité du territoire
québécois est garantie par le droit après comme avant toute déclaration
d’indépendance. De plus, les appuis au mouvement raciste de la partition s’essoufflent
partout. Les conseils municipaux, sauf ceux des milieux à forte concentration
d’anglophones ou de l’extérieur du Québec, refusent de s’engager dans un débat qui ne
relève pas de leur mandat et qui porte de plus le germe de la division et de la
violence.

Côté chantage et discours de la peur, le Québec a déjà vu
plusieurs visages de cette horrible gorgone : camions de la Brinks, déménagement de
sièges sociaux, intervention de l’armée, frontières fermées, perte des régimes de
retraite, partition, etc. Et il en renaît chaque jour de nouveaux…

Il y a cependant lieu de noter que les «partitionistes»
contribuent à accréditer cela même qu’ils nient : la souveraineté du Québec ! De leur
propre aveu, l’ hypothèse de la partition du Québec exige en effet que le Québec
soit… d’abord souverain !!!

Il est certain que la souveraineté du Québec soulève pour le
reste du Canada des questions cruciales jusqu’ici sans réponses : Quel avenir voudront se
donner ces provinces géographiquement éloignées que seront les provinces maritimes ? La
Colombie-Britannique aura- t-elle la tentation de devenir un état américain ou souverain
? Quel avenir auront les territoires ? Les prairies ? Quels effets aura le ressentiment de
l’Ouest à l’endroit d’Ottawa? De l’Ontario?

L’appui du Canada hors Québec, du Premier ministre du Canada et du
ministre des Affaires intergouvernementales au chantage du morcellement «après la
souveraineté» soulève, par voie de conséquence, le problème de la dislocation
probable («partition») du reste du Canada par province et par territoire, et cela, le
droit international ne l’interdit pas… Les assemblées législatives décideront-elles
de leur avenir sans référendum ? Les populations de ces provinces et territoires
seront-elles consultées ? Quelles seront les questions ?

Les politiciens canadiens ont, sans s’en rendre compte, ouvert pour
le reste du Canada une boîte de Pandore : le morcellement (la «partition») de ce même
reste du Canada.

Jean-Paul Perreault
Président
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