LA FRANCISATION DES ENTREPRISES: UNE RESPONSABILITÉ À PARTAGER

LA FRANCISATION DES ENTREPRISES:

UNE RESPONSABILITé à PARTAGER

Le but de la Charte de la langue française adoptée en 1977, il y a déjà vingt ans de cela, de faire du français la langue du travail au Québec est loin d’être réalisé tel que le révèlent bon nombre d’études récentes et les témoignages de plusieurs travailleurs et travailleuses. La concurrence de l’anglais est encore très forte. Les régions de Montréal et de l’Outaouais seraient les plus touchées par cette difficulté. La mondialisation des marchés et les nouvelles technologies de l’information rendent le problème encore plus prononcé, plus pressant…

Le 28 mai 1996, la ministre de la Culture et des Communications, madame Louise Beaudoin, créait un groupe de travail tripartite (patronal-syndical-gouvernemental) sur la francisation des entreprises reconnaissant qu’il est, entre autres, de la responsabilité du gouvernement «de prendre les moyens nécessaires pour que la langue française devienne la la langue commune de tous les Québécois».

Le 20 janvier 1997, le Groupe de travail tripartite sur la francisation des entreprises a déposé son rapport final. On y retrouve formulés comme recommandations plusieurs souhaits qui demeureront sans effet à moins de les traduire légalement en exigences, en obligations et en mesures devant être respectées, sans exception, par tous les employeurs du Québec.

Les entreprises de moins de 50 personnes ne sont pas tenues au processus de francisation de la Charte. Or, au Québec, il y a plus de 20 000 PME de cette taille employant plus de 450 000 travailleurs. Le rapport reste muet sur l’adoption de mesures coercitives touchant les entreprises employant de 10 à 49 personnes. Il ne recommande pas d’y étendre graduellement le processus de francisation établi par la Charte. Quels effets auraient dès lors les recommandations de ce rapport, avec lesquelles la ministre s’est déclarée d’accord, sur la francisation des entreprises dans la région de Montréal, par exemple, où 50 p. 100 des entreprises de 10 à 49 personnes ne sont pas de propriété francophone ?

Il y a de fortes chances que le droit exprimé à l’article 4 de la Charte «Les travailleurs ont le droit d’exercer leurs activités en français» ne demeure qu’un droit déclaratoire plutôt qu’exécutoire.

Les centrales syndicales CSN et CSD se sont retirées du groupe de travail puisque, selon elles, les organisations patronales auraient «un intérêt à tout le moins mitigé pour les travaux du groupe».

Le rapport du Groupe de travail tripartite est accessible ici:

– Le rapport sur la francisation des entreprises

http://www.gouv.qc.ca/mccq/document/rapport/rapport1.htm