LA FRANCE ANGLICISERAIT L’INFOROUTE

LA FRANCE ANGLICISERAIT L’INFOROUTE !

Nouveau moteur de recherche «performant»: DEBRIEFING
http://www.debriefing.com/france/advanced.htm

Bravo! pour cet outil de recherche rapide, fonctionnel et vraisemblablement très complet.

Je suis très déçu cependant que vous, concepteurs français, ayez donné une appellation anglaise, – ou: non française, plus précisément – à cet instrument. Même dans vos adrélecs (adresses électroniques), on retrouve des termes anglais (ici même: ‘comments’, puis ‘advanced’, etc.). Comme si "avancé"… avançait moins rapidement! Ou comme s’il y avait treize douceurs dans une boîte de twelve…

Si l’inforoute est anglo-américaine à ce point, actuellement, ce n’est pas parce que les anglophones l’occupent massivement ou prioritairement, mais surtout parce que les autres cultures – et notamment celles de l’Europe française – s’y jettent corps et âme, pieds et poings liés, dans cette langue. En niant de facto la leur propre ainsi que, à terme, leur culture. Si la Francité elle-même jette sa langue aux ordures, dites-moi, quel est désormais son avenir?

Je ne désire nullement ici, par la présente, monter votre site en épingle. Vous n’êtes qu’un exemple de plus parmi vos compatriotes. Votre impact sera cependant plus puissant, car désormais des milliers d’internautes, sans doute, en passeront par vos passerelles. Et c’est bel et bien en France qu’on se fera «debriefer». Une goutte d’eau n’est rien. Mais des millions de gouttes versées une à une sur une boîte crânienne, insensiblement, finissent par creuser des cratères immenses. Dans l’esprit, dans l’intelligence, dans l’identité. Et dans la mémoire longtemps, pour retenir une formule de chez nous.

à constater combien la France, la Suisse et la Belgique (en particulier) se jettent aveuglément dans ce cloaque de la domination d’un seul sur tous (qui est l’antithèse de la mondialisation dont on parle tant à tort et de travers. «Ensemble» ne signifie pas, en effet, sous la botte d’un seul… pied), sans s’interroger un instant sur ce choix, j’incline en conséquence à penser que nous assistons à une forme d’asservissement volontaire de la Planète tout entière. Asservissement à une seule vision – une «écoute» unique devrais-je dire -, notamment linguistique, et ce sans que personne, pas même les Américains!, n’ait demandé quoi que ce soit. On se fait esclave d’abord, pour chercher son maître ensuite. Oyé! Oyé! Oyé! Je demande à être giflé. Illico please!

Je veux bien croire que nous n’en sommes plus à la France de Clovis, de Louis XIV, de Napoléon, voire de de Gaulle. Ni à celle des Voltaire, des Hugo ou des Renoir. Mais est-ce nécessaire pour autant de s’empresser à ne plus être rien du tout..?

Respect de soi, amour-propre, dignité… sont-ce des mots parfaitement surannés aux pays des Jeanne d’Arc, des Jean-Jacques Rousseau et des Brel?

Pour illustration plus ample et continue du propos, on pourra consulter les différentes éditions de la rubrique «Auto-Terrassement», dont la dernière:  L’AUTO-TERRASSEMENT XV

Jean-Luc Gouin
Québec
Athena@Agora.Qc.ca