« CONSPIRATION POLITIQUE » : LA DÉMOCRATIE EN DANGER ?

« CONSPIRATION POLITIQUE » : LA DéMOCRATIE EN DANGER ?

Divers articles du quotidien anglais The Citizen sont récemment venus démontrer
comment certaines grandes compagnies canadiennes avaient financé l’élection de plusieurs
candidats fédéraux aux dernières élections canadiennes. S’agirait-il de corruption
politique ? De détournement de la démocratie ? La liste des candidats, devenus ministres
ou députés, ayant reçus des « cadeaux » pécuniaires pour le financement de leur
campagne est longue et troublante :

L’Honorable Jean Chrétien aurait encaissé des milliers de dollars des compagnies
suivantes : Transelect inc, 10 000 $; Z.V. Holding 10 000 $; Stone Consolidated 5 000 $;
Onex Corp. 5 000 $; Concordia Tower 5 000 $; Kruger 5 000 $; etc.

Jean Charest (Sherbrooke) : Les Industries de la Rive-Sud ltée 10 000 $; Informatrix
2000 inc. 4 000 $; Fonorola 2 500 $; etc.

Sheila Copps (Hamilton Est) : Onex Corp. 5 000 $; Call-Net Enterprises 2 500 $; Tender
Choice Foods inc. 1 500 $; CanWest Global 1 000 $; etc.

Marcel Massé (Hull-Aylmer) : Jacques Noël 3 500 $; Televitesse Systems inc. 3 000 $;
Roger Lachapelle Pontiac Buick 2 904 $; Merck Frost Canada 1 936 $; etc.

Une étude de la liste permet de constater que les noms de certaines compagnies
reviennent souvent, notamment Onex Corp., Can West Global Communications, Cal-Net Enter,
etc. Les données des rapports des candidats concernant les dépenses d’élection
sont accessibles à l’adresse Web suivante: http://www.elections.ca/home_f.html

Les ambitions de CanWest Global Communications et
les contributions politiques

Global Communications a contribué à la caisse électorale de plusieurs candidats
libéraux lors des dernières élections fédérales. C’est ce que révèle un article du
quotidien « The Citizen » d’Ottawa du 28 novembre dernier dont la principale source
d’information n’est nulle autre que élections Canada. Le journaliste Glen
McGregor va jusqu’à parler de « conspiration politique ». Parmi les grands « chanceux
» de la générosité de Global Television se retrouvent Geoff Regan de la
Nouvelle-écosse et Clark Roberts de la Colombie-Britannique qui ont ainsi reçu chacun
5000 $ du réseau de télévision. Cette largesse de Global a profité à d’autres
députés et ministres : Lloyd Axworthy 2000 $; Stéphane Dion 1000 $; Paul Martin 1936 $;
David Collonette 1666 $; Sheila Copps 1500 $; Lucienne Robillard 1000 $; David Anderson
3000 $; Jean Chrétien 500 $; etc.

L’article remet en cause ces pratiques douteuses sur le financement des partis
politiques qui pourraient permettre aux bailleurs de fonds électoraux d’obtenir des
faveurs en échange de leurs contributions aux caisses électorales des partis politiques
et d’amis politiciens. Global Television aurait-elle appuyé ces candidats pour
les remercier de faveurs obtenues ou à venir ? Il est tout à fait légitime de se poser
la question…

En 1996, 1997 et 1998, Global Television avait de grandes ambitions et, pour les
réaliser, elle se devait de les faire approuver par le Conseil de la radiodiffusion
et des télécommunications canadiennes
, le CRTC. Par exemple, c’est en février 1997
que Global devient le deuxième réseau privé de télévision de langue anglaise au
Québec ( http://www.crtc.gc.ca/frn/news/releases/1997/r97227cf.htm
) en dépit de ses sérieuses difficultés à respecter le quota minimum requis de contenu
télévisuel canadien. Une année plus tard, en février 1998, une autre décision du CRTC
vient autoriser, toujours au Québec, l’augmentation de la puissance du réémetteur de
Global à Montréal de 4,850 watts à 33,000 watts à la suite de l’avis public CRTC
1998-3 du 26 janvier 1998. D’autres décisions du CRTC viendraient avantager Global
Television, notamment l’émission de permis pour des antennes réémettrices, dont celle
de Cornwall (Ontario).



Influence, remerciement ou hasard ?

Il n’existe aucune preuve que les contributions politiques de CanWest Global
Communications
aient un lien quelconque avec toutes ces décisions du CRTC prises
alors que madame Sheila Copps est ministre responsable du CRTC et qu’elle-même, le
Premier ministre et plusieurs de ses collègues reçoivent des « petites » contributions
financières… pour leur campagne électorale.

Il ne faut pas oublier que le CRTC est un organisme autonome… Néanmoins, le CRTC
relève du gouvernement fédéral et du ministère du Patrimoine canadien dont
madame Sheila Copps est ministre !

Enfin, au-delà de la remise en question de l’objectivité et de la neutralité du
gouvernement, de ses nombreuses agences et des sociétés d’état, ces liens de
promiscuité entre les caisses électorales et certains médias soulèvent également
toute la question de l’impartialité de ces derniers dans le traitement de l’actualité.

Apparence de conflit d’intérêts

Il y a, pour le moins, apparence de conflit d’intérêts. Selon vous, ces grandes
compagnies qui versent des milliers de dollars aux caisses électorales agissent-elles
ainsi sans rien exiger ou obtenir en retour ?

Et en prime, les contributions financières des grandes compagnies sont déductibles
d’impôt !