KISS FRENCH GOODBYE

KISS FRENCH GOODBYE

C’est le titre élégant d’une longue colonne du National Post (part de l’empire Conrad
Black : The Daily Telegraph, The Jerusalem Post, The Chicago Sun et près de 60 journaux
sur une centaine au Canada). Vendredi 9 juillet, page A18.

On y apprend — pour revenir sur une nouvelle précédente que les Finnois, afin
d’éviter de nouveaux boycotts linguistiques de la part des germanophones, ont décidé
que l’allemand, le français, l’anglais, l’espagnol et l’italien seraient utilisés lors
des réunions de travail. Attendons le moment où pour des raisons d’efficacité et de
coût devant la multiplicité des langues, on en choissira une (au lieu des 2
habituelles).

[… fin de l’article qui retrace l’historique du déclin du français ]

« La démographie n’est pas d’un plus grand réconfort pour les francophiles. Selon le
Dictionary of Languages d’Andrew Dalby, le français — avec ses 70 millions de locuteurs
maternels — se classe 12e parmi les langues maternelles parlées, bien après des
mastondontes comme le chinois (1,1 milliards), l’anglais (350 millions), l’espagnol (225
millions), l’hindi et le bengali (180 millions chacun), le russe (175 millions), l’arabe
(165 m.), le portugais (155 millions) et le japonais et l’allemand (120 millions chacun).

Cependant, la plus grande indignité se produit sans doute sur les Champs-élysées
même où des commerces étrangers imposent leur propre révolution linguistique et
culturelle. De grandes chaînes internationales, comme Virgin Records, le Disney Store,
Panet Hollywood et le magasin Swatch ont transformé l’avenue la plus célèbre d’Europe
en ce qu’un magazine français appelait de manière désobligeante « une gallerie
marchande à l’américaine ».

La dernière goutte tomba vendredi passé, quand Gap, la chaîne américaine de
magasins d’habillement, ouvrit son magasin de 13 millions de dollars sur l’avenue. Le
portier qui accueillait les clients potentiels, a confessé, quelque peu embarrassé,
qu’il ne pouvait parler français. Le comble, on apprit qu’il venait du Canada. Quelle
horreur (en français dans le texte) ! »

Où était M. Fabius qui nous disait la semaine passée que tout le monde parle
français en France ?

P. Andries

P.-S. En passant, on lit régulièrement de telles colonnes dans la presse canadienne.
On se demande bien pourquoi. L’année passée, je me rappelle d’un article similaire dans
le Globe and Mail, intitulé « Wax and Wane » (grandeur et déclin dans le cas du
français ?), l’article se terminait sur le fait que le français pouvait être encore
d’une utilité quand on essaie d’épater quelqu’un sur le bord de l’oreiller.
étonnez-vous que l’enseignement du français décline…