JEUX OLYMPIQUES DE SYDNEY

JEUX OLYMPIQUES DE SYDNEY
L’Australie refuse d’utiliser le français à la cérémonie d’ouverture

SYDNEY, 6 septembre 20000 (AFP) – Deux personnalités australiennes ont
décliné les demandes du Comité international olympique (CIO) de participer à
des cérémonies officielles pour les Jeux de Sydney, au seul prétexte
qu’elles devaient s’y exprimer en français, langue officielle olympique avec
l’anglais.

Mary Kostakidis, présentatrice vedette du journal télévisé sur la chaîne
australienne SBS, a ainsi refusé, après avoir accepté, d’être la maîtresse
de cérémonie pour l’assemblée générale du CI, dimanche à Sydney. Elle
devait notamment y introduire, en fiançais, les différents auditeurs de
cette assemblée, parmi lesquels son président Juan Antonio Samaranch.

Ce refus vient après celui exprimé par Sir William Dean, gouverneur général
de l’Australie, de lire en français, en plus de l’anglais, un court texte de
17 mots lors de la cérémonie d’ouverture le 15 septembre.

Selon le quotidien The Australian de mercredi, Juan Antonio Samaranch a
écrit au ministre de la Nouvelle-Galles-du-Sud charge des Affaires
olympiques, Michael Knight, au nom du président fiançais Jacques Chirac,
pour qu’il demande à Sir Dean de faire aussi usage des deux langues pour la
lecture de ce texte.

Le quotidien précise que le gouverneur général, après avoir accepté de faire
usage du français, est ensuite revenu sur sa décision, sur la base des trois
précédentes assemblées générales en préambule aux Jeux de Lillehammer,
Atlanta et Nagano ou, selon les organisateurs australiens, seule la langue
du pays hôte avait été utilisée.

Protocole
L’ambassadeur de France en Australie, Pierre Viaux, ancien coureur de 1500 m
(il a participé aux Championnats d’Europe d’Athènes en 1969), aurait même
offert à Sir Dean de lui donner en personne quelques cours de français.
Mme Kostakidis, qui sera remplacée par Jon Konrads, ancien champion
olympique de natation qui a vécu et travaille en France, s’est montrée
solidaire de Sir Dean. <Il doit être félicité car s’il avait ouvert les Jeux
dans une autre langue que l’anglais, 20 millions d’entre nous (Australiens)
aurions été collectivement rejetés>, a-t-elle dit.
<Nous sommes en Australie, s’est-elle justifiée. La majorité des gens qui
seront présents pour cet événement parleront anglais et je pense que c’est
une question de principe que de s’exprimer en anglais>.
John Coates, président du comité olympique australien, a rappelé qu’il était
nécessaire de respecter le protocole selon lequel le fiançais doit être
utilise avant l’anglais.
<Elle (Kostakidis) a dit qu’elle préférait ne pas être de la cérémonie si
cet ordre était respecté, or il doit l’être>, a dit M. Coates.
Le comité d’organisation des Jeux olympiques (SOCOG) a essayé d’adhérer le
plus scrupuleusement possible à la charte olympique et de satisfaire à
toutes les demandes d’utiliser et le français et l’anglais dans les
publications officielles et sur les panneaux indicateurs sur les lieux des
Jeux.

La Charte olympique stipule (chapitre 2, article 27 sur les langues), que
<les langues officielles du CIO sont le français et l’anglais>.

(Ce texte nous a été communiqué par notre correspondant M, Daniel A. Duclos)

(Le 6 septembre 2000)