INVESTINFRANCE

INVESTINFRANCE
L’intérêt que suscite notre pays à l’étranger va toujours de pair avec
l’intérêt que sucite notre langue.

Objet: votre site http://www.investinfrance.org

Ministere@environnement.gouv.fr

Récemment, j’ai jeté un oeil au site investinfrance.org pour m’apercevoir que
l’information qu’il diffuse a été rédigée presque uniquement en anglais. J’ai pu faire
la même remarque concernant les liens que vous indiquez vers vos principaux sites
régionaux.

Après avoir vécu près de 25 ans à l’étranger et ayant quelquefois représenté des
intérêts commerciaux, je tiens à vous faire part de quelques commentaires qui, je
l’espère; ne pourront que vous aider.

Je constate tout d’abord que vous ignorez quelques unes des langues les plus
importantes de la planète. Je remarque l’absence totale de pages en allemand, japonais,
espagnol, chinois et arabe alors que la courtoisie la plus élémentaire est de s’adresser
aux gens dans leur langue quand on cherche à les attirer en France. Bien qu’une certaine
connaissance de la langue anglaise existe au delà des pays anglophones, il est évident
que les gens n’ont recours a cette langue que lorsqu’ils y sont contraints et forcés et
en position de demandeurs. Il est donc particulièrement maladroit d’utiliser l’anglais
avec des Japonais, des hispanophones ou des Arabes dans un contexte où il s’agit, en
premier lieu, de les mettre en confiance et de les disposer favorablement à notre égard.

D’un autre côté, je constate l’absence totale du français alors que, de par le
monde, ceux qui s’intéressent à notre pays ont toujours une certaine connaissance de
notre langue. L’intérêt que suscite notre pays à l’étranger va toujours de pair
avec l’intérêt que sucite notre langue
. Presque partout en Amérique latine ou
en Asie, par exemple, les cours de français attirent en général les réprésentants des
strates les plus élevées de la société. En faisant systématiquement l’impasse sur
notre langue, nous ne faisons qu’aliéner nos amis et éloigner nos véritables alliés.

Il y a quelques années, j’avais fait des remarques similaires à l’Association
France-Exporte-Plus qui, d’ailleurs, en avait tenu compte en les rediffusant largement
auprès de ses membres par l’intermédiaire de son bulletin de liaison.

Je m’étonne que ce que je viens de vous énoncer ne soit pas une évidence pour des
"spécialistes de l’international" tels que vous et j’en arrive naturellement à
me poser quelques questions sur le niveau de compétence de ceux que la France désigne
pour promouvoir ses intérêts commerciaux à l’étranger.

Charles Durand,
Enseignant-chercheur en informatique
Université de technologie de Belfort-Montbéliard
Charles.Durand@utbm.fr

(Le 23 novembre 2000)