INFORMATIQUE EN FRANÇAIS

INFORMATIQUE EN FRANÇAIS ?

Cher Monsieur Perreault,

Je viens de lire votre article intitulé "Français et informatique : mariage contre nature". Je ne peux que me réjouir de la formation du CAFI (http://www.cafi.org) afin d’avoir une idée sur la place du français dans les technologies de l’information et sur les inforoutes. Le fait d’établir un réseau d’intervenants pour promouvoir le français et établir des échanges d’information, se concerter et établir des consensus est sûrement bienvenue. Cependant comme il s’agit d’échange d’informations véhiculées par des représentants de divers milieux soit politiques, économiques et syndical, il y a lieu de se poser plusieurs questions. Tout comme vous, je garde certaines réserves.

Le milieu des affaires a été représenté par des compagnies, corrigez-moi si je me trompe, à envergure internationale entre autre par Ericsson Communications Canada, multinationale suédoise et Alis Technologies. Comme leur raison sociale est sous forme anglaise, les appellations " Technologies Alis et Communications Ericsson du Canada " auraient été bien plus représentatives de compagnies voulant respecter l’usage d’un français correct au Québec, comme dirait le Conseil de la langue française. Je ne peux m’empêcher de me demander quelle importance ces compagnies accordent alors aux politiques linguistiques en matière de soutien du français dans les technologies de l’information. Pour mettre un peu d’humour malgré tout j’aurais préféré qu’il y ait un représentant du Cirque du Soleil.

Je ne connais pas assez le milieu syndical pour en parler sauf que j’ai quand même un très grand respect pour Gérald Larose.

Parlons du milieu politique maintenant. Tout un contrat! Il y avait bien là les représentants gouvernementaux qu’il fallait. L’OLF, le Secrétariat à la politique linguistique du Québec et le Secrétariat du Conseil du Trésor. J’ai consulté le site internet du Conseil du trésor sous " Utilisation du français " (http://www.tresor.gouv.qc.ca/autorout/utilfran.htm). J’en ai appris des choses, notamment que le gouvernement s’est doté d’une politique d’utilisation du français dans les technologies de l’information. Cette politique de francisation s’applique cependant au sein de la fonction publique et c’est tant mieux. Depuis dix ans, le SCT participe à l’élaboration de normes nationales et internationales en matière de soutien du français dans les technologies de l’information et c’est tant mieux. Il y a les outils FRANCIS qui favorisent l’utilisation du français dans la fonction publique et c’est tant mieux. Mais nous parlons ici d’un secteur déjà sensibilisé à l’importance du soutien au français et gagné d’avance. Bien que M. Alain LaBonté du Secrétariat du Conseil du trésor parle de concertation France/Québec dans le Groupe Notial, et qu’à son avis " La sauvegarde du français passe par le plurilinguisme ", il n’en demeure pas moins que sa survie repose sur la connaissance et la conscience des droits d’exiger en français les logiciels de travail à un employeur et d’exercer ce droit. Cela devrait être mieux connu des utilisateurs. L’article 141 de la Charte de la langue française sous le 9ième sous-article?? concernant l’utilisation du français dans les technologies de l’information devrait être mieux connu. L’OLF pourrait peut-être "diffuser largement" cette information. Les directeurs ou présidents de compagnies ou d’institutions ou de commerces devraient eux aussi exiger que leurs logiciels de travail soient français. Le gouvernement devrait fournir un soutien actif. Je suis d’accord avec vous.

La valorisation du français et la volonté de vouloir travailler en français, parce qu’en fait c’est de cela qu’il s’agit avant tout, commence par des lois gouvernementales solides et connues et c’est là que je rejoins Gérald Larose. Il parlait sûrement d’une refonte de la loi 101 quand il a dit : " une société minoritaire aura toujours besoin de l’appui de la loi. L’histoire l’a démontré à plusieurs reprises ". La volonté de vouloir défendre sa langue maternelle et la fierté sont transmises de génération en génération. (…)

Hélène Jetté

(Le 8 mai 1999)