EXTRAIT DU DISCOURS DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ORGANISATION INTERNATIONALE DE

EXTRAIT DU DISCOURS DU SECRéTAIRE GéNéRAL DE L’ORGANISATION
INTERNATIONALE DE LA FRANCOPHONIE

(…)

Mais ne nous trompons pas de combat! N’ayons pas à l’égard de la langue une attitude
frileuse ou défensive.

Le français est profondément une langue d’avenir, à condition d’inscrire ce combat
dans la réalité sociale, économique et culturelle du monde contemporain.

Le combat pour la Francophonie ne sera gagné que si le français est ressenti comme
une langue internationalement utile. Pour que la Francophonie s’affirme dans le monde,
elle doit apparaître comme un véritable réseau de Francophonie globale, où tous, à
tout moment, à tout endroit, ont accès, en français, à tous les registres de la vie ,
mais aussi à l’emploi.

Nous devons, dans le même temps, investir les méthodes technologiques les plus
modernes de diffusion de la pensée et refuser la colonisation des ces nouveaux espaces
médiatiques par une langue unique, une culture unique, une pensée unique!

Je pense notamment à la place qui doit être la nôtre, celle de notre langue, sur le
Réseau Internet. Je pense à la place du français sur les autoroutes de l’information.
Je pense aux satellites de communication.

De l’école à l’entreprise, en passant par les loisirs et la culture, la Francophonie
doit faire rêver sur ce qui fait sa spécificité, je veux dire l’excellence, alliée à
un art de vivre et à des valeurs partagées, de solidarité et d’humanisme.

Le combat pour la Francophonie, c’est enfin et surtout un combat emblématique, un
combat pour une autre vision du monde dans laquelle la diversité des langues et des
cultures a toute sa place.

C’est pourquoi je compte ouvrir la Francophonie aux autres communautés linguistiques.
Je pense notamment au monde hispanique, au monde lusophone, au monde arabe.

C’est en cela que le combat pour la Francophonie est aussi un combat pour la tolérance
et pour la démocratisation des relations internationales. Et c’est le dernier impératif
dont je voudrais vous entretenir.

La fin de la Guerre froide, la chute du mur de Berlin ont profondément changé la
perception politique et économique du monde.

Il s’est établi un consensus sur le fait que le processus de démocratisation à
l’intérieur de Etats serait une garantie pour l’essor de l’économie et le maintien de la
paix.

Les Nations Unies, les Organisations non gouvernementales et les Organisations
régionales s’emploient, conjointement, à soutenir et à accompagner cette
démocratisation .

C’est à la fois beaucoup et trop peu !

Car le risque est grand, en effet, avec la mondialisation, de voir diminuer les
compétences des Etats en faveur d’organes supraétatiques, de forums internationaux, de
nouveaux mécanismes qui échappent au contrôle démocratique de la population.

C’est pourquoi, je tiens à le dire solennellement, aujourd’hui, devant vous, la
démocratie à l’échelon des Etats n’aura véritablement de sens que si elle s’inscrit
dans une société internationale, elle aussi démocratisée. Dans une société
internationale qui oppose l’alternative volontariste de la diversité culturelle et
linguistique à la soumission fataliste de l’uniformisation.

C’est en tout cas dans cet esprit que je conçois la Francophonie, au poste qui m’est
aujourd’hui confié.

Vous le voyez, le défi est grand, mais il est à la hauteur des ambitions de
l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Vous le voyez, aussi, la Francophonie, n’est pas comme certains voudraient le laisser
croire, un combat d’arrière-garde ! Bien au contraire ! Il s’agit d’un combat pour
l’avenir !

Et c’est dans l’avenir que s’inscrira le prochain Sommet des chefs d’Etat et de
gouvernement de Moncton, au Nouveau-Brunswick, puisqu’il aura pour thème " la
jeunesse ". Cette jeunesse qui incarne la relève de la Francophonie.

(…)

Note : Ce discours a été prononcé à l’Institut des Hautes études
Francophones le 23 septembre 1998 à Chamarande. Le texte intégral du
discours est accessible à l’adresse suivante :
http://www.refer.qc.ca/fr_act.htm