ET LE FRANÇAIS DANS TOUT CELA?

Mouvement estrien pour le français

1920, rue Grime, Sherbrooke (Québec) J1J 1E7
Tél.:(819)565-1076 Téléc.:(819)846-1371

Et le français dans tout cela?

Le Mouvement estrien pour le français est heureux d’apprendre que le chef du Parti
libéral du Québec s’engage à privilégier les consensus et les consultations plutôt
que les décrets. Ce dernier affirme en outre ne pas vouloir rouvrir le débat
linguistique, mais préconise, du même jet, l’enseignement obligatoire de l’anglais dès
la première année du primaire (La Tribune, le samedi 7 novembre 1998).

Or justement, il n’est pas évident qu’il y ait consensus en ce domaine, notamment
auprès de la CEQ qui s’y oppose carrément. Il serait intéressant de connaître les
études dont s’inspirent les libéraux sur cette question. Quels seraient les effets de
cette mesure sur le français des élèves, surtout les élèves les plus faibles?
Serait-ce anodin? Est-il prouvé que l’apprentissage d’une langue seconde est
recommandable dès le primaire? Et pourtant, la recherche la plus sérieuse sur cette
question – qui par surcroît a été menée dans un pays (l’Angleterre) où la langue
maternelle est loin d’être menacée comme ici- conclut que cet apprentissage ne devrait
se faire qu’à partir du secondaire. Le chef de l’opposition affirme, en outre, que le
Québec est «un endroit où il y a deux langues». Faux, car depuis Robert Bourassa, un
difficile consensus a enfin pu être atteint, à savoir qu’il n’y a qu’une seule
langue officielle au Québec
et cette langue est le français. Est-ce que
l’opposition voudrait maintenant qu’il y en ait deux?

S’il est, de prime abord, évident pour tous que la maîtrise de l’anglais est
éminemment souhaitable parce qu’on vit en Amérique du Nord, le
bilinguisme officiel au Québec est une toute autre affaire et, par là, nous semble
plutôt nocif. Il constitue même une menace pour nous justement parce que nous
habitons en Amérique du Nord
.

Nous attendons toujours patiemment les mesures concrètes que libéraux et péquistes
voudront bien nous proposer pour l’amélioration de la qualité du français au Québec.
Cependant, nous doutons que ce soit en amputant progressivement le temps alloué à
l’enseignement en français qu’on favorisera la maîtrise du français, l’attachement des
élèves francophones pour leur langue maternelle, voire l’intégration de nos immigrants.

Pour un Québec français

Jacques Poisson, président
Mouvement estrien pour le français