DISPARITION DU SEUL HÔPITAL ANGLOPHONE DE L’ESTRIE

DISPARITION DU SEUL HôPITAL ANGLOPHONE DE L’ESTRIE
Une fausseté !

Monsieur Robert Jolicoeur, animateur Madame Louise Davis, animatrice CHLT Sherbrooke

D’abord, laissez-moi vous féliciter pour la façon dont vous animez votre émission du
matin. C’est serein, vivant et à la portée des gens. à la mi-juillet, des propos m’ont
cependant étonné. «Les anglophones ont perdu leur seul hôpital dans les
Cantons-de-l’Est», avez-vous répété à la suite de 2 ou 3 auditeurs dont Jean Charest.

Elle a la vie dure cette fausseté colportée par le président Gary Richard et ses
Townshippers. Et reprise par nous francophones maladivement portés à la culpabilisation.
(Même si c’était vrai, il resterait 17 hôpitaux anglophones au Québec. Combien
d’hôpitaux reste-t-il aux francophones en Ontario pour une population de langue seconde
équivalente?)

En vérité, en vérité… la communauté anglophone n’a perdu aucun hôpital en
Estrie (*). Au contraire, elle en a gagné un second, l’hôpital d’Youville annexé par le
Sherbrooke Hospital et géré par la charte de ce dernier. Sur le modèle du CHUS
chapeautant l’hôpital de Fleurimont et l’Hôtel-Dieu, les deux hôpitaux anglophones
fonctionnent maintenant sous le nom de Sherbrooke University Geriatric Institute et
Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke. (Vérifiez leur site Internet. Il est
bilingue de A à Z, ce qui violerait la Charte de la langue française si c’était un
organisme de santé rattaché à la communauté francophone.)

La manigance exécutée dans le dos des francophones estriens a réussi grâce à un
bureau d’avocats spécialement mandaté à cette fin… au coût de 6 334,37 $ pour les
contribuables. Depuis le virage ambulatoire de 1995, par la magie de l’intégration qui a
permis de contourner la Charte de la langue française, la communauté anglophone détient
donc deux hôpitaux de soins de longue durée dans la région, bien que les patients
francophones y soient majoritaires à 92 %. Toutes les offres d’emploi exigent d’abord
l’anglais le français ensuite, ce qui discrimine, injustement, beaucoup de candidats
francophones. Aucune autre province, y compris le Nouveau-Brunswick, ne discrimine pour
raison linguistique à l’embauche ou lors de promotion. Mais pratiquée au Québec dans un
contexte légal à l’encontre de la Charte des droits de la personne, cette discrimination
n’en est pas… Et les syndiqués se laissent tondre dans ce cas.

Frisant la supercherie, voici une anecdote qui explique comment le petit Sherbrooke
Hospital (96 lits) a manoeuvré pour avaler le gros hôpital d’Youville (380 lits).

L’administration de l’hôpital d’Youville, marchant dans les tractations des
Townshippers très actifs à la Régie régionale, espérait profiter de la prospère
Fondation du Sherbrooke Hospital riche de 6 ou 7 millions $. Il allait de soi que la
fondation soit rattachée au futur institut né de l’intégration. Erreur. Informez-vous
comment, après avoir appâté avec leurs dollars les naïfs francophones du conseil
d’administration de l’hôpital d’Youville, les directeurs anglophones de la fondation du
Sherbrooke Hospital ont réussi à soustraire leur magot des mains du nouvel institut et
à en faire une corporation indépendante de l’institut mais toujours au profit des
personnes âgées surtout anglophones. Informez-vous des dons directs qu’ils consentent au
Sherbrooke Hospital proportionnellement à l’hôpital d’Youville. Informez-vous de la
langue des patients des autres établissements que la fondation aide. Depuis cette
duperie, le Sherbrooke University Geriatric Institute a dû créer sa propre fondation
dans laquelle cependant la Fondation du Sherbrooke Hospital injecte des sommes… au
compte-gouttes.

* En terminant, quand vous désignez notre région en onde, même si vos patrons, à
l’instigation des Townshippers, se soumettent à l’appellation colonialiste
Cantons-de-l’Est, puis-je vous inviter à remettre à l’honneur le beau vocable ESTRIE
créé autour des années 1945 par les prêtres O’Bready, Mercier et compagnie. En 50 ans,
les francophones se sont approprié le mot ESTRIE avec fierté. En utilisant ESTRIE, vous
éviterez de faire le jeu des Townshippers omniprésents à l’Office touristique depuis
1996 et d’où vient l’offensive pour le retour à Eastern Townships. Les anglophones ne
devraient pas pouvoir compter sur notre bête complaisance – celle des victimes – pour
rappeler et accentuer notre passé estrien de colonisés.

Veuillez agréer l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Rodrigue Larose (819) 846-6392

(Ce texte nous a été communiqué par le MEF http://www.mef.qc.ca/
)