DISCOURTOISIE PHÉNOMÉNALE

DISCOURTOISIE PHéNOMéNALE

M. David Thomson
Président et propriétaire,
«Jet Copie» (Reprographie)
Québec, Charlesbourg et Sainte-Foy
état du Québec

Site: http://www.wepn.com/jet/
Adrélec: jet@Quebectel.com
T-phone (Québec): 418-527-2563
T-copie: 418-527-9312

Bonjour monsieur Thomson,

Moi et mon entreprise sommes de grands utilisateurs de services de reprographie. Or
depuis environ deux ans, il est interdit à tout employé de faire affaire avec ‘Jet
Copie’. Voici pourquoi.

Ayant constaté il y a environ deux ans et demi (nous étions jusque-là des clients
très réguliers) que vous offriez plusieurs produits sur lesquels n’apparaissait pas un
seul mot de français – langue officielle du Québec ainsi que de vos clients en
particulier -, et après en avoir parlé à plusieurs de vos employés sans que rien ne
changeât, j’ai décidé de retirer définitivement ma clientèle à ‘Jet Copie’.

Or récemment je suis retourné à votre commerce, établissement de Charlesbourg:
histoire de voir si les choses avaient évolué. Eh bien j’ai constaté de nouveau que
vous ne respectiez ni la loi québécoise ni, toujours, votre propre clientèle. Un tel
mépris des gens mêmes qui font vivre vos commerces, monsieur, répugne profondément à
l’esprit.

Votre employé de Charlesbourg m’a même dit, au sujet d’un étalage complet de
produits papier présentés exclusivement en anglais, que c’était ‘normal’ (sic) parce
que lesdits produits provenaient du… Canada. Une telle ignorance – volontaire – des
lois, doublée d’une discourtoisie phénoménale à l’égard de vos clients, dépassent
l’entendement.

Tout d’abord, la présentation linguistique des produits relève (et ce avant même la
loi 101 québécoise) d’une loi fédérale – appliquée d’un océan à l’autre! Ceux-ci
doivent être libellés dans les deux langues officielles du pays, de Vancouver à
Rimouski. D’autre part – et que l’objet ou le service mis en vente provienne du Canada
anglais, des états-Unis, de la Finlande, de Chine ou… de la planète Saturne -, n’a
absolument aucune incidence sur les lois applicables en territoire québécois. Et ces
lois exigent que tout produit soit accessible dans la langue officielle du Québec. Point
à la ligne! L’origine lointaine ou locale d’une marchandise n’intervient d’aucune
manière de façon à espérer contourner les lois auxquelles la collectivité
québécoise se voit soumise, chez ses citoyens comme chez ses personnes morales et
corporatives.

Ayant été extrêmement patient à ce jour vis-à-vis de vos méthodes illégales et
profondément irrespectueuses, je décide aujourd’hui d’intervenir directement. Aussi, la
présente est-elle acheminée simultanément auprès de différents organismes
préoccupés du respect de la langue française, la «Commission de Protection de la
Langue française» au premier chef. Je
profite de l’occasion pour en envoyer copie également à de nombreux correspondants du
milieu commercial et culturel de la région de Québec.

Vous estimerez peut-être que mes manières de procéder sont un peu rudes. Mais vous
comprendrez, monsieur Thomson, que lorsqu’un individu reste des années durant
complètement buté sinon bouché à l’appel du respect des gens et des lois, eh bien il
faut hélas! un jour qu’un citoyen prenne «vos» affaires en main.

Et comme si ce n’était suffisant, ajoutant l’insulte à l’injure, vous présentez à
votre clientèle un récépissé qui fait fi également de ‘notre’ langue: «sub total»,
«cash», «change»… Que diriez vous de: sous-total, comptant (ou argent) et monnaie???
à quand un Big Thank you accompagné d’un superbe: See you again..?

Je suis outré par votre entêtement et votre mépris. Et à compter de ce jour,
sachez-le bien monsieur, je n’aurai de cesse que vous compreniez que Québec n’est pas New
York, Chicago ou Brisbane.

Ou bien vous bougez par intelligence de vos propres intérêts, ou bien vos commerces
seront bousculés sous le poids de l’opprobre public.

Jean-Luc Gouin
Québec et Lac-Beauport

Athena@Agora.Qc.ca