DEMI-ÉCHEC, « HALF A SUCCESS »

Demi-échec, « half a success »

Lorsque Impératif français, organisme de recherche et de communications pour la défense et pour la promotion de la langue française et des cultures d’expression française, a choisi de diffuser sa dernière étude « Le Canada l’admet officiellement : le français est en péril au Canada » principalement par l’intermédiaire de l’Internet, c’est parce qu’il ne s’illusionnait pas sur l’accueil que lui feraient les médias traditionnels québécois. Pour eux, cette étude n’aurait été que la énième du même genre, dont les conclusions sont connues depuis des lustres de tous : le statut et l’importance du français sont en décroissance constante au Canada. D’autant plus que pour maximiser son impact, Impératif français a choisi le Sommet de la Francophonie de Moncton, où les messages du genre, diffusés par des groupes plus importants disposant de plus gros moyens, pouvaient se compter à la douzaine.

L’étude épluche les données de Statistique Canada, agence vantée par le Gouvernement du Canada comme étant l’une des meilleures et des plus impartiales au monde. L’étude d’Impératif français aligne page après page, en tableaux et en commentaires, les données officielles de Statistique Canada. Inutile de dire que la réalité qui en ressort n’est pas celle que veut présenter le Canada. L’étude est accessible à l’adresse suivante : LE CANADA L’ADMET OFFICIELLEMENT

Le but du mouvement Impératif français était donc de sensibiliser une fois de plus ceux que la chose intéresse et, peut-être, par quelques clics de souris, en permettre une diffusion plus grande. Et qui sait, attirer l’attention des médias traditionnels.

Une semaine plus tard, « l’opération clic » connaissait un succès dépassant toute espérance. Elle a permis de sensibiliser la classe politique francophone, notamment le Sénat français, ce qui était un but secondaire de l’opération, et de multiplier par centaines les destinataires habituels des listes d’envoi électronique d’Impératif français. De son côté, le journal cybernétique Planète Québec (http://www.planete.qc.ca ) lui a consacré la une.

Pour ce qui est d’intéresser les médias traditionnels… eh bien la presse francophone a été d’un silence qui n’étonne pas; d’ailleurs, Impératif français s’y attendait. Ce à quoi il ne s’attendait pas c’était sans doute que cette étude ait des retombées auprès des médias anglophones.

Il faut dire que, le samedi précédent la parution de l’étude, le Premier ministre du Canada, Jean Chrétien, lui a donné un sérieux coup de pouce en avouant au quotidien Le Devoir que l’assimilation était inévitable pour certains au Canada. Cela confirmait les conclusions même de l’étude.

C’est donc du côté des médias anglophones que sont venues les réactions. La publication de l’étude sur le site Internet Bourque Newswatch (http://www.bourque.com ), devenu depuis quelques semaines une référence pour la presse canadienne-anglaise, surtout grâce à ses révélations sur le gouvernement Romanow de Saskatchewan, a mené à une entrevue à une émission de ligne ouverte à la station privée de radio spécialisée d’Ottawa CFRA, à un article dans The Gazette

Impératif français peut donc parler d’un demi-échec francophone mais d’un « half success » anglophone dans son effort visant à utiliser l’Internet à des fins politiques. Inutile de dire que l’Internet, outil important pour le mouvement Impératif français, le sera encore plus au cours des prochains mois.

(Le 11 septembre 1999)