CONTRE L’ÉVOLUTION VERS LA LANGUE UNIQUE

CONTRE L’éVOLUTION VERS LA LANGUE UNIQUE
Le principe défendu est celui du plurilinguisme.

M. Déchamps,
Défense de la langue française

Merci de m’avoir transmis ce message (sur Euroispa), moi aussi je suis concerné par la
défense de la langue française.

Cependant je crois aujourd’hui que le bon combat à mener est celui CONTRE L’éVOLUTION
VERS LA LANGUE UNIQUE (monolinguisme). C’est un combat qui concerne tout l’humanité et
qui coupe court à toute accusation de frilosité, archaïsme et surtout aux accusations
d’anglo(phono)phobie puisque le principe défendu est celui du plurilinguisme (=
pluriculturalisme) et que le fait que ce soit actuellement l’anglais qui soit visé est
accessoire: toute autre langue en position de devenir universelle, en d’autres temps,
serait attaquée de la même manière.

Voici ma dernière contribution à ce combat. Il s’agit d’un extrait de lettre récente
à mon ami J. Melot.

Guy Redeuilh
Tel = Fax: 00 33 1 30 90 84 47
redeuilh@club-internet.fr
redeuilh@mycofrance.org
Président de la Société mycologique de France

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J’ai eu l’occasion de faire passer un court message à Alcala de Henares (Madrid), où
s’est tenu le Congrès Européen de Mycologie (sept. 99), contre l’évolution actuelle
vers la langue unique en général, et au sein du monde scientifique en particulier.

J’avais à présenter une communication en commun avec R. Courtecuisse mais, ne parlant
pas
suffisamment bien l’anglais, langue officielle déclarée du Congrès, je me suis
contenté, dans le
temps ultra-court qui nous était imparti, d’une courte déclaration préliminaire,
laissant à Régis
le soin de présenter notre sujet en anglais, sujet qu’il connaissait d’ailleurs mieux que
moi.

Voici ce que j’ai dit à la tribune (quasiment improvisé et dans un style
volontairement "parlé") :

"Llegano aqui, yo esperaba oir algo de cientifioco en la lengua de Cervantes. Y no
he oido nada.
Eso me entristece y me inquieta : porque los cientificoas de este pais – y tambien igual
en muchos
otros ! – no pueden, o no quieren, hablar en su propria lengua en un congreso que esta en
su
proprio pais ?
En relidad eso se inscribe en una evolucion mundial y rapida hacia el monolinguismo.
Mi pequeno mensaje sera que los cientificos no pueden quedarse ciegos frente a este
peligro
catastrofico".

Le message n’a pas été traduit en direct. En voici la traduction :

"En arrivant ici, j’espérais entendre s’exprimer un certain nombre de
scientifiques dans la
langue de Cervantes [Cervantes a vécu à Alcala ]. Or je n’ai rien entendu de tel. J’en
suis
attristé et cela m’inquiète. Pourquoi les scientifiques de ce pays – tout comme ceux de
bien
d’autres – ne peuvent-ils pas, ou ne veulent-ils pas, parler dans leur propre langue dans
un
congrès qui se tient dans leur propre pays ?

En réalité cela s’inscrit dans une évolution mondiale et rapide vers le
monoliguisme.

Mon message sera simplement de dire que les scientifiques ne peuvent demeurer aveugles
face à ce danger catastrophique".

Commentaires complémentaires :

– Cette déclaration a été applaudie au-delà de ce à quoi je m’attendais. J’ai pu
constater là que
plus de la moitié de l’auditoire comprenait l’espagnol !

– L’organisation du congrès (très réussie) avait prévu une traduction simultanée
(casques) de
l’anglais des conférenciers à l’espagnol. De sorte que, paradoxe choquant, les
hispanisants peu
anglophones étaient obligés d’écouter leurs compatriotes par la traduction simultanée
en espagnol !!

– Les réactions en privé ont ensuite été très favorables. Il est aussi possible
que les tenants de
l’anglophonie pure et dure dans les congrès n’aient pas souhaité polémiquer, dans une
ambiance qui ne leur aurait pas été majoritairement favorable ici.

– J’ai eu une seule réaction défavorable (sans excès) de la part d’une participante
danoise : "mais
alors selon vous je devrais faire ma conférence en danois ?", sur un ton qui
soulignait dans son
esprit l’incongruité de la proposition. Or la réponse était : oui, bien sûr ! au prix
d’un petit
effort – que la survie de votre langue mérite bien ! – il vous suffisait de distribuer au
préalable
le texte de votre communication traduit dans une ou deux des langues de communication
européennes (anglais, français, espagnol, allemand par exemple) et chacun aurait pu vous
suivre
tout aussi bien (surtout que toutes les communications étaient faites avec une
présentation
audiovisuelle), et même plutôt mieux si vous ne parlez pas un anglais très correct (ce
qui n’est
pas rare chez certains conférenciers)".

– Le lendemain, une conférencière hispanisante a fait sa communication en espagnol,
d’abord
inquiète mais soulagée, a-t-elle déclaré, par mon intervention de la veille. Et cela
n’a posé aucun
problème.

Guy Redeuilh
Tel = Fax: 00 33 1 30 90 84 47
redeuilh@club-internet.fr
redeuilh@mycofrance.org