CONTRE LA DÉVALORISATION DU FRANÇAIS AU JOURNAL DE MONTRÉAL

CONTRE LA DéVALORISATION DU FRANçAIS AU JOURNAL DE MONTRéAL

Le 17 mars 1999, les journalistes et les photographes du Journal de Montréal ont
refusé, unanimement, de signer leurs articles et leurs photos pour protester contre
l’abolition, par la direction, le 13 mars, de deux postes de réviseurs marbristes, dans
le cadre de restrictions budgétaires décidées par "New Sun Media Corporation"
à Toronto.

Ils trouvent particulièrement symbolique et ironique que, au sein même du journal qui
se proclame "Le No 1 des quotidiens français d’Amérique", cette abolition de
postes soit revenue la veille du début de la "Semaine internationale du français et
de la francophonie".

Cela amène le Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal, qui
représente les journalistes, les photographes et les employés de bureau, à s’inquiéter
des effets que pourrait avoir l’intégration du Journal de Montréal à la firme "New
Sun Media Corporation".

Déjà, la haute direction du Journal s’est mise à suivre des cours d’anglais pour
s’adapter à la nouvelle firme. En outre, Toronto exige et obtient des rapports financiers
écrits en anglais du service de la comptabilité du Journal, et ses critiques arrivent
aussi en anglais, par télécopieur, directement de la capitale ontarienne. Puis, voilà,
maintenant que sont abolis deux postes de réviseurs, chargés de la qualité du français
dans les pages du Journal.

Il y a lieu de s’interroger quant à savoir si ce sont là les signes annonciateurs
d’une dévalorisation du français au journal. Et la question se pose : qui a acheté
l’autre? Quebecor a-t-il acquis Sun Media? Ou New Sun Media Corporation a-t-il absorbé le
Journal de Montréal? Le plus récent organigramme de la firme incline à penser que la
seconde option correspond à la réalité. Pourtant, quelle qu’elle soit, la réponse à
ces questions devrait impliquer le respect intégral des caractéristiques distinctes des
entreprises existantes, incluant le respect des langues de travail et de publication,
estime le Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal.

(17-3-99)
Texte publié sur le site Web de la CSN
http://www.csn.qc.ca