CONCOURS : UNE DEVISE POUR L’EUROPE

NDLR Vous trouverez à la fin de ce texte des adresses électroniques pertinentes.

CONCOURS : UNE DEVISE POUR L’EUROPE
Vous encouragez l’hégémonie de la langue anglaise en Europe.

Au journal Ouest-France et au Mémorial de la Paix (Caen)

objet : concours pour une devise de l’Europe

Dans votre concours européen visant à définir une devise pour l’Europe, vous
demandez de doubler systématiquement la version en langue nationale par une traduction en
anglais.

En procédant ainsi, vous encouragez l’hégémonie de la langue anglaise en Europe.
Nous n’ignorons pas votre argument qui consiste à avancer que la langue anglaise est la
seule qui soit systématiquement apprise dans tous les pays d’Europe. Certes, cela est
vrai. Mais, cela n’est-il pas déjà assez grave pour l’avenir de la diversité
linguistique en Europe ? Soyez assurés que dans dix ans, le règlement d’un concours du
même ordre stipulera que les réponses devront se faire uniquement en anglais! Après un
drapeau, un hymne, une monnaie, une devise, nous allons sans coup férir vers une
langue unique pour l’Europe !

Puisque Ouest-France et Le Mémorial de la Paix ont eu l’initiative de ce projet,
pourquoi ne pas avoir demandé que les devises en langues étrangères soient
systématiquement traduites en français ? Notre langue est suffisamment pratiquée dans
tous les pays d’Europe pour qu’on y trouve facilement, dans les écoles, des traducteurs
compétents. Il y avait là une belle occasion de promouvoir notre langue. Et la France,
un des principaux acteurs de la construction européenne, pouvait avoir cette exigence.

Si, malgré tout, vous aviez craint de paraître trop présomptueux, vous pouviez
obtenir la présence du français à côté de l’anglais en y ajoutant peut-être une
troisième langue au choix. C’eût été encourager le plurilinguisme tout en maintenant
la place du français. Notre langue est donc maintenant mise au même rang que le
grec, le portugais ou le finnois. Pour respectables que soient ces langues, il faut
rappeler la dimension internationale du français et sa place dans les grandes langues de
culture. Nous pouvons légitimement revendiquer un rang privilégié parmi les langues
européennes.

Par ailleurs, il nous semblait que Ouest-France, le plus grand journal d’expression
française, serait attentif à préserver le principal outil de son activité, la langue
française !

Permettez-nous en conclusion de vous marquer notre tristesse. Voilà encore une
occasion de perdue de défendre et de promouvoir notre langue. Quand l’Histoire se
penchera sur la disparition du français, elle fera l’addition de tous ces petits
abandons, de toutes ces concessions faites aux plus forts du moment.

Nous préférons être du côté de ceux qui se seront battu jusqu’au bout en portant
au cœur l’amour de notre langue.

Marceau Déchamps
Cadre technique retraité
21, place d’Acre
78990 élancourt
dlf78@club-internet.fr

Adresses pertinentes :
Au journal Ouest-France
daniel.floch@ouest-france.fr

Mémorial de la Paix (Caen)
pressememo@mail.cpod.fr