ANGLICISATION DES SERVICES DE SANTÉ AU QUÉBEC

ANGLICISATION DES SERVICES DE SANTé AU QUéBEC

Jean-Paul Perreault
Président
Impératif français

En l’absence de données démontrant que la population anglophone est incapable de
recevoir des services de santé de qualité au Québec, les gouvernements du Canada et du
Québec ont dépensé depuis 1989 au-delà de 8 millions de dollars – en période de
coupures et de déficit – afin de «favoriser», au Québec, l’accessibilité en anglais
aux services de santé et aux services sociaux.

Qui plus est, cet élargissement de l’accessibilité n’exige aucunement la présence
obligatoire d’une masse critique suffisante.

Les programmes d’anglicisation entraînent une bilinguisation institutionnelle à un
point tel que de plus en plus de fonctions et de postes exigent la connaissance de
l’anglais. Il s’agit là d’une pratique de discrimination et d’exclusion à l’endroit de
nombreux Québécois et Québécoises ainsi privés de leur droit de travailler en
français tel que le stipule la Charte de la langue française qui, de plus, limite
l’exigence de la connaissance de l’anglais pour occuper un poste.

Nous recommandons au gouvernement du Québec :

  1. de procéder à une étude exhaustive sur l’accessibilité à des services de santé et
    sociaux de qualité dans toutes les régions du Québec par tous les citoyens, quelle que
    soit leur appartenance linguistique;
  2. d’adopter un moratoire sur la pratique de discrimination et d’exclusion réclamant la
    connaissance de l’anglais pour occuper un poste dans les établissements de santé et de
    services sociaux au Québec;
  3. de s’assurer que la Loi sur les services de santé et services sociaux (LSSSS) ne
    diminue en rien la portée de la Charte de la langue française;
  4. de prendre les mesures requises afin que l’OLF exerce son mandat de surveillance des
    programmes d’accès aux services de santé et sociaux en anglais;
  5. de transformer les subventions québécoises destinées à l’anglicisation des soins de
    santé au Québec en subventions destinées à l’accroissement des soins dans les régions
    québécoises en déficit de services, notamment en Montérégie et en Outaouais où, dans
    ce dernier cas, de nombreux citoyens sont forcés d’avoir recours à des services de
    santé en anglais en Ontario. Cette réalité ne cesse de s’aggraver depuis la fermeture
    du seul hôpital francophone de l’Ontario et de la Capitale fédérale, l’hôpital
    Montfort.

Nous recommandons au gouvernement canadien :

6. de transformer les subventions canadiennes destinées à l’anglicisation des
services de santé au Québec (où il y a déjà un grand nombre d’établissements rendant
leurs services en langue anglaise !) en subventions destinées à la mise sur pied, au
Canada hors Québec, d’un réseau de d’établissements francophones de santé
spécialisés dans la prestation de services de santé en français. La Capitale
fédérale du Canada, Ottawa, pourrait être l’endroit tout désigné pour débuter la
mise en place d’un tel réseau !!!

Jean-Paul Perreault
Président
Tél. : (819) 684-7119
Courriel : imperatif@imperatif-francais.org
Site : http://www.imperatif-francais.org