AFFAIRES ÉTRANGES

AFFAIRES
éTRANGES

à Hanoï, capitale du Vietnam, le ministre
des Affaires étrangères et du Commerce international a été
incapable de recruter sur place une réceptionniste qui parlait
couramment français. Malgré un démenti qu’apportait M. André
Ouellet dans le Devoir du 25 août 1995, le rapport annuel de
1994 du Commissaire aux langues officielles a non seulement
confirmé qu’il y avait un problème à Hanoï, mais que c’était
pire ailleurs, notamment à Rome, Bangkok et Saint-Domingue…

Pourtant le ministère affirmait le
contraire dans le rapport de 1991 du Commissaire aux langues
officielles. Il prétendait que 61% de ses employés recrutés
sur place parlaient les deux langues officielles. En omettant les
chauffeurs et les domestiques des résidences officielles,
pratiquement tous les employés locaux ayant affaire au public
canadien dans les missions du Canada à l’étranger auraient
été bilingues!!! Mais dans un télégramme du 31 mai 1994
envoyé à tous les chefs de missions, l’ancien sous-ministre des
Affaires étrangères, M. Reid Morden signalait que le
ministère, vingt-cinq ans après le début de la mise en
application de la Loi sur les langues officielles ne reflétait
toujours pas la dualité linguistique du Canada à l’étranger.
Qui ment?

Pas étonnant que le commissaire Goldbloom
ait institué une enquête en profondeur dans les missions à
l’étranger. Bien plus, dans son dernier rapport annuel, il
signalait en page 14, ô surprise, qu’une affaire à la Marcel
Chaput, revue et actualisée par le ministère, était inscrite
en Cour fédérale. Pourtant la Loi sur les langues officielles
est très explicite sur l’obligation qu’ont les missions à
l’étranger et le ministère de se conformer à la loi! Le
gouvernement canadien n’en est pas à une contradiction près.
Tous savent comment y est traité la langue française.

Serait-ce là ce que le Premier ministre
Chrétien et son sous-fifre à Québec ont à l’esprit lorsqu’ils
nous enchantent les oreilles avec leurs accommodements aux lois
constitutionnelles par voie administrative ?

J. Légaré
Hull