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REPEAT AFTER ME... IN RDI Version imprimable Suggérer par courriel
30-11-2000

REPEAT AFTER ME... IN RDI
M. François-étienne Paré, rabatteur d'enfants ?

Entre la chair et l'os
S'installer la colère
Félix, in L'Alouette en colère au lendemain d'Octobre 1970

Objet : émission «RDI Junior» animée par François-étienne Paré tous les jours de la semaine (L-V), à 18 hres sur la chaîne RDI.

Je ne connaissais pas jusqu'à tout récemment cette émission, certes intéressante a priori pour la gent pré-adulte (téléjournal s'adressant au bassin jeunesse du eRDIen auditoire).

Or consterné je suis...

J'ai eu l'occasion de regarder ladite émission quelque trois ou quatre minutes il y a quelques jours (sinon peut-être la semaine dernière, je ne sais plus très bien). Aujourd'hui le 12 octobre, consécutivement à la présentation du «Journal RDI» (toujours habilement mené dès 17 hres par la charmante Geneviève Asselin), je suis demeuré à nouveau devant l'écran. «RDI Junior» enchaînait la programmation. Et déchaînait l'auditeur que je suis du même mouvement...

Voici donc derechef M. François-étienne Paré qui s'adresse aux enfants et aux adolescents. Et voici donc que je vois et entends l'individu remettre cela. Je m'explique.

Lors de mon premier contact avec cette version somme toute originale du téléjournal, et ce dans la foulée alors des événements litigieux entourant la chaîne commerciale Second Cup, l'animateur se gaussait des éventuelles ou hypothétiques traductions françaises de certaines english raisons sociales ­ dont les propriétaires incidemment refusent obstinément d'afficher au Québec les équivalents dans la langue de Gaston Miron. Le message était fort clair auprès de l'auditoire... de nos propres enfants. Nulle ambiguïté, en effet: En anglais c'est bien, en français c'est... ridicule. J'en suis resté littéralement fesse bée sur ma chaise.

J'ai préféré sur l'heure estimer qu'il s'agissait d'une maladresse pas forcément ou volontairement, disons, tendancieuse: la conscience politique ou sociale, on le sait, n'est pas rigoureusement partagée de façon égale entre tous. J'en étais tout de même estomaqué. Or ce 12 octobre, j'assiste exactement au même type de comportement. à un moment dans l'émission notre ami Paré affirme, et je cite: «Si vous trouvez "préadolescent" trop poche (sic), dites: Tween.» Rien moins!

Ahurissant ! On s'croirait en France...

Notre langue recule sur mille fronts dans notre propre Maison, notre progéniture s'exprime déjà le plus souvent avec trois anglicismes dans chaque phrase (sans compter la déstructuration de même origine au plan de la syntaxe), le paysage commercial (de Dunkin' Donuts à Future Shop et Pizza Hut, par Second Cup, Canadian (sic) Tire et autres Sobey's ou Home Depot) reste puissamment sinon "condescendamment" non-français. Bref, exemples et illustrations abondent jusqu'à la lie. Mais visiblement, ce n'est pas encore suffisant pour notre ami François-étienne Paré, chez RDI. On croirait entendre un autre Paré, Jean celui-là, désormais en retrait des feux de L'actualité (http://www.vigile.net/idees/polgouinpare.html).

Et tout cela aperçu par le pertuis de tout au plus cinq ou six minutes d'émission. Au total... Mais où en serais-je donc si j'avais suivi attentivement depuis leur début, et de bout en bout, toutes les émissions «RDI Junior»? S'agit-il d'une plage horaire de rabattement visant à lessiver systématiquement le cerveau de nos enfants...? Plus c'est gros, plus les subsides de la ministre de la propagande, Mme Sheila Copps, seront alléchants? Va-t-on bientôt allouer les dernières cent vingt secondes du quinze minutes au «ô Canada» si chéri de M. Stéphane Dion? Dites...

Dites Shoe plutôt que chaussure? Dites Home plutôt que domicile ou Chez-soi? Dites Email, Web et Bookmark plutôt que courriel, Toile et signet??? Ou encore, dites... Mount Tré all? J'imagine que ce serait... moins «poche». «Speak White...! », quoi.

«Il faut être ouvert», repartirait sans doute le jeune homme; ainsi qu'une amie m'en faisait la remarque récemment dans un restaurant ...après que nous (je?) ayons supporté strictement de la musique anglo-étatsunienne pendant trois heures (Québec, Montréal, Trois-Pistoles, Chicago ou San Francisco, c'est du pareil au même bien sûr. No matter). «Il faut être ouvert», me disait encore cet autre ami (?) alors que je dus deux heures durant, dans un établissement similaire, accepter de fumer contre ma volonté ­ parce qu'on s'y contrefichait complètement et des non-fumeurs (avec des sections bidons correspondantes: http://www.soreltracy.com/liter/opinion/Gouin/2000/janvier/fumer/fumer.htm ) et de la loi anti-tabac québécoise du même élan.

Le malheur, le drame, que dis-je, la tragédie au Québec, c'est que: On ne sait plus distinguer «s'ouvrir à l'altérité» et «s'ouvrir les veines». Or dessous celles-ci, il y a les os. Et c'est jusque-là justement, je crois, que nous sommes inhabités par une pluriséculaire et indécrotable attitude de colonisés.

Comme si le respect de soi-même constituait illico, par définition, une gifle à l'autre.

Quelques adresses utiles:
«
RDI Junior» : http://radio-canada.ca/jeunesse/rdijunior/ecrisnous/index.asp
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Jean-Luc Gouin
Québec, le 12 octobre '00
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