« Un militant qui n’a jamais lâché »

Lancement réussi de mon livre sur l'histoire de la gauche politique québécoise depuis les années 1950

Voici un extrait de l’allocution que j’ai prononcée  vendredi le 13 avril lors du lancement  de mon livre Un militant qui n’a jamais lâché qui présente, sous forme de chronique, sur l’histoire de la gauche politique du Québec des années 1950 à aujourd’hui. Plus de 150 personnes ont assisté à ce lancement qui a eu lieu dans une salle bondée à la librairie Paulines dans le Vieux Rosemont. On a alors vendu une centaine de volumes.

L’essayiste Jacques Pelletier,  directeur de la collection Interventions aux Éditions Varia dont fait partie mon livre, m’a confié qu’il  a trouvé le lancement   magnifique. « C’était vraiment magique. C’’est  peut-être le plus réussi de tous ceux auxquels j’ai assisté dans ma vie », a-t-il écrit,

Merci de votre attention

Paul Cliche


Le chantier le plus important : l’unification des forces politiques de gauche

En survolant mon parcours militant, des dernières cinquante années,que ce soit au deuxième front de la CSN, au FRAP, au RCM, àQuébec-Presse,  à Cooprix,  au MDN- je m’aperçois que c’est depuis  ma retraite en 1997 que j’ai entrepris, avec l’aide de centaines d’autres militants et militantes, le chantier le plus important de ma vie : l’unification de la gauche politique en vue de l’émergence d’un parti progressiste et indépendantiste qui conquerra le pouvoir afin d’instaurer une meilleure justice sociale au Québec et en faire un pays indépendant.

Il faut se rendre compte que, depuis la naissance du Parti de la démocratie socialiste (PDS) en 1995; l’apparition du Rassemblement pour l’alternative politique (RAP) en 1998; l’élection dans Mercier en 2001 où, pour la première fois la gauche s’est unie autour d’une candidature unique; la fondation de l’Union des forces progressistes (UFP) qui a regroupé trois partis de gauche en 2002; la fondation de Québec solidaire en 2006 rendue possible par la fusion de l’UFP avec Option citoyenne et, en 2007, la fusion de Québec solidaire et d’Option nationale, la gauche politique du Québec a vécu un processus d’unification et de renaissance unique en Amérique du Nord et sans équivalence dans la plupart des démocraties occidentales.

Lorsque Québec solidaire  a fêté ses 10 ans en 2016, on a constaté qu’il était bien installé dans l’espace public. Mais on sentait  qu’il avait besoin d’un nouvel élan pour poursuivre son développement et aspirer éventuellement au pouvoir.  Depuis l’arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois au printemps 2017, le parti a subi une véritable métamorphose. En l’espace de 9 mois, d’avril à décembre, le nombre de membres est passé de 11,000 à 17,000. Dans le domaine du financement, le parti a dépassé ses objectifs pour 2017 : quelque 3,550 donateurs et donatrices  lui ont permis d’amasser plus de 300,000 dollars en souscriptions. Québec solidaire se classe ainsi avant la CAQ qui, selon le rapport du Directeur général des élections, n’a recueilli que 225,000 dollars. Québec solidaire compte aussi plus de membres que la CAQ, même si ce parti est représenté par 21 députés à l’Assemblée nationale. Aux dernières nouvelles, les résultats financiers pour les premiers mois de 2018 sont aussi encourageants que ceux de 2017.

Par contre, les  sondages, qui avaient connu une embellie significative, au printemps et à l’été 2017 suite à l’arrivée de GabrielNadeau-Dubois, ont chuté, ces derniers mois, à leur niveau antérieur de 9 à 10 %. Mais avec tous les efforts qui sont déployés il devrait yavoir une embellie notable au cours prochains mois.

De courroie de transmission à force autonome

Québec solidaire est à la croisée des chemins. Dans son rôle de «parti des urnes et de la rue», où il a été très efficace jusqu’ici, il s’est bien gardé d’imposer son hégémonie sur les mouvements sociaux. Il s’est plutôt  fait le porte-voix de ces derniers en transmettant leurs revendications à l’Assemblée nationale. Il a été en quelques sorte la conscience sociale du Parlement.

Le défi auquel le parti fait maintenant face est de franchir un autre stade de son développement en dépassant ce rôle de courroie de transmission pour mettre sur pied ses  bases de luttes sociales avec des objectifs qui lui appartiennent en propre. Il lui faut faire la démonstration qu’il est capable, non seulement de relayer les revendications des autres, mais aussi de le faire en son propre nom. Il faut qu’il mobilise une tranche plus large de la population pour créer une masse critique qui permettra au projet de société qu’il propose d’attirer un très grand nombre de personnes, sinon la majorité.

Une stratégie innovatrice : le parti mouvement

Pour atteindre ce but, Québec solidaire s’est donné une nouvelle orientation stratégique en vue des élections d’octobre. Innovatrice, cette dernière s’inspire des campagnes populaires de Bernie Sanders aux États-Unis et de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. On a mis sur la plateforme Internet «Mouvement». C’est une nouvelle façon pour les militants et militantes de s’impliquer concrètement. «Mouvement » concrétise la volonté du parti de décentraliser son action politique. Ainsi, les militants et militantes de la base sont maintenant libres d’organiser des actions, de créer des évènements, comme des assemblées de cuisine, des réunions, des manifestations, et de se réseauter directement avec d’autres solidaires sans  avoir à passer par l’organisation centrale. QS mise ainsi sur la mobilisation de milliers de personnes partout à travers le Québec. Avec la plateforme «Mouvement»le  parti met à la disposition de ses membres un  puissant outil d’organisation sans égal en politique québécoise.

Dans sa plateforme  électorale, Québec solidaire ira donc à l’essentiel en présentant des propositions politiques claires à la population qui se traduiront par des des engagements simples et fermes. Il sera encore plus spécifique que lors des campagnes électorales précédentes en énonçant des mesures précises et en faisant ressortir leurs incidences immédiates sur les gens. On a d’ailleurs constaté ce virage ces dernières semaines. Mais le meilleur est à venir. Moblisons-nous. Joignons-nous au mouvement qui ne cesse de grandir et couvrira bientôt l’ensemble du Québec.