Niqab/Québec : sur l’interdiction du niqab dans le monde

Le français, langue des Lumières, est connu pour être porteur de valeurs humanistes, telles que l’égalité, le partage ou encore le rejet de toute forme d’extrémisme.

Suite à l’adoption récente de la loi 62 sur « la neutralité religieuse », qui stipule que les services publiques québécois doivent être offerts et reçus à visage découvert (suscitant ainsi de vives réactions dans le reste du Canada et, plus globalement, dans les pays anglo-saxons), les deux paragraphes ci-dessous, extraits de mon article « La Tunisie réaffirme son choix du français », publié en mars dernier, traitent de l’interdiction du niqab à l’étranger. Et rappellent à quel point il est important de défendre – et surtout de diffuser – la langue française dans le monde.

« Le français, valeurs et géopolitique 

Comme d’autres langues, mais probablement davantage, le français, langue des Lumières, est connu pour être porteur de valeurs humanistes, telles que l’égalité, le partage ou encore le rejet de toute forme d’extrémisme. Ainsi, ce n’est pas un hasard si les seuls pays et territoires à avoir interdit le port du niqab sont francophones ou francophiles. En Europe, la France et la Belgique ont été rejointes par le canton suisse italophone du Tessin (où le français a le statut de première langue étrangère enseignée) et, partiellement, par les Pays-Bas qui l’ont interdit dans certains lieux publics (et où la majorité des élèves apprennent le français au premier cycle du secondaire). En Afrique, le Tchad, le Congo et le Sénégal ont également proscrit le niqab, suivis par le Cameroun et le Niger pour les parties de leur territoire voisines du Nigeria.

Pour sa part, le Maroc vient d’interdire, en janvier dernier, toute commercialisation de la burqa « afghane » (qui dissimule également les yeux). Avancée modeste, certes, mais qui constitue toutefois une première dans les pays arabes. Du moins depuis la révolution tunisienne, avant laquelle la burqa et le niqab étaient formellement interdits en Tunisie, pays qui demeure toutefois largement en avance en matière d’égalité hommes-femmes. Au passage, il convient de noter que le Maroc avait décidé, début 2016, de réintroduire l’enseignement du français à partir de la première année du primaire, et de refranciser l’enseignement des matières scientifiques dès le primaire également. »

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-167045-la-tunisie-reaffirme-son-choix-du-francais-2070051.php

PS pour mes amis acadiens : une province acadienne permettrait d’agir sur cette question (qui ne se pose pas encore, mais cela ne saurait tarder).

Ilyes Zouari, Spécialiste du Monde francophone, Conférencier, Secrétaire général adjoint de la revue « Population & Avenir » (démographie et géographie humaine), Ex-Administrateur de l’association Paris-Québec.
Auteur du « Petit dictionnaire du Monde francophone » (L’Harmattan, Avril 2015)