Le « respirateur artificiel » du gouvernement fédéral

Les preuves du contraire restent à faire

Monsieur Martin Brunette, journaliste
Le Droit

Monsieur Francis Drouin
Député fédéral
Francis.Drouin@parl.gc.ca

En bref, une réplique à la référence du Journal de Québec et du député fédéral de Prescott et Russell (Francis Drouin) que ‘’… les francophones hors Québec seraient tenus sous respirateur artificiel par le gouvernement fédéral…’’ (Trudeau).

Nous avons vécu dans l’Ontario français pendant plus de 60 ans (Cyrville, Orléans, Rockland), aujourd’hui résident du Québec, en Outaouais, depuis maintenant près de 13 ans.

D’emblée, la ville d’Ottawa, Capitale fédérale du Canada, n’est toujours pas reconnue comme ville ‘’officiellement bilingue’’ – son maire Jim Watson refusant catégoriquement de reconnaitre ce statut. La Première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, refuse également de se mouiller dans le débat du bilinguisme officielle pour la ville d’Ottawa. Le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, refuse également de s’ingérer dans le débat et préférant laisser les autres niveaux de gouvernement gérer le dossier.

La politique du bilinguisme a été instaurée au début des années 1960s par le gouvernement libéral de P.E. Trudeau. Selon Frédérique Giguère (Journal de Québec et Stats Canada), le Québec devient de plus en plus bilingue, et le reste du Canada de moins en moins, en d’autres termes le reste du Canada, y compris l’Ontario de Kathleen Wynne et de Jim Watson, s’anglicise de plus en plus.

Il faut reconnaitre également, M. Brunette, que Prescott et Russell est un bastion de la francophonie en Ontario en comparaison avec le reste de la province. Si on s’en remet aux faits et au passé, on doit reconnaitre, par exemple, que Clarence-Rockland s’anglicise de plus en plus tout comme Orléans et le secteur Cyrville, secteur qui m’a vu naître dans les années 1940s. A l’époque, et pendant plus de 20–30 ans, les services et les activités en français nous étaient disponibles grâce aux initiatives du système des ‘’paroisses’’ (ie. aujourd’hui révolu) et non du gouvernement local en place, et encore moins de la province de l’Ontario. En 2017, il est encore pénible et ardu de recevoir des services en français au niveau des entreprises du secteur privé à Ottawa, comme à Orléans, à Cyrville et même à Rockland.

Certes il y a eu de nombreuses améliorations apportées aux services en français dans Prescott et Russell mais il y a encore beaucoup de ponts à traverser avant d’atteindre la parité français-anglais. Ottawa, la Capitale fédérale du Canada, demeure prioritairement une capitale canadienne-anglaise satisfaite d’offrir, à loisir, aux francophones des services en français et à qui voudront bien en demander, le cas échéant!

On n’est pas loin du ‘’respirateur artificiel’’ auquel référait le Journal de Québec. Il revient à l’Ontario, à Ottawa et au gouvernement fédéral de Justin Trudeau de faire la preuve du contraire!

M. Renaud (retraité),
Gatineau, Québec.