Wallons Québécois même combat

Wallonie 2016Je suis Wallon (sud de la Belgique) et je suis épaté par votre volonté et votre combat.

Je vous félicite pour votre détermination à défendre votre francité.

Car au delà de la langue, il y a la mentalité, la pensée, la manière de vivre, la manière d’être et la manière de voir le monde et même l’approche économique.

Je suis plein d’admiration quand je vois ce que vous, Québécois, avez réussi à obtenir pour défendre votre langue.

J’ai vu une émission qui montrait que dans une usine d’aéronautique, je pense que c’est Bombardier, tout était en français.

Et là je dis chapeau, bravo.

Car nous en Belgique, nos politiques se laissent dominer par la Flandre francophobe qui a banni le français, non seulement en Flandre mais qui pousse ses actions à Bruxelles et même en Wallonie.

Chez nous, il est de bon ton d’être multiculturel, multilingue.

Néerlandais, anglais, et… un peu français.

J’en ai connu des réunions, où parce que, le Wallon que je suis était présent, on faisait l’effort de la faire en anglais pour rapidement basculer en néerlandais et la terminer parfois dans des patois flamands.

Mais il n’y a pas que la langue.

J’ai aussi connu les harcèlements moraux contre les francophones et les Wallons en particulier.

Car il est bien connu que le Wallon n’est pas capable de parler d’autres langues (c’est même un premier ministre flamand qui l’a dit) mais aussi qu’il n’est pas moderne, qu’il ne sait pas s’adapter à l’entreprise (généralement dirigée par des Flamands), et qu’il est par nature fainéant.

La Belgique est dominée par la Flandre.

Des Flamands qui sont regroupés dans des organisations puissantes qui ont pris le pouvoir économique et politique.

Le Boerenbond (organisation catholique flamande des fermiers) domine tout l’agro-alimentaire belge.

Ce Boerenbond a donné naissance à la KBC, une banque dont les statuts exigent de donner à la Flandre les moyens d’un État.

Le VOKA (organisation patronale flamande) qui prend le pouvoir dans toutes les entreprises, y compris à Bruxelles et en Wallonie.

Le In de Warande, organisation qui regroupe aussi des patrons, dirigeants d’entreprises, intellectuels et politiques, dont le but est d’imposer le néerlandais à Bruxelles et en Wallonie.

Résultat, on exige la connaissance du néerlandais et de l’anglais pour de plus en plus d’emplois.

Nos politiciens qui ont peur face au chantage séparatiste flamand, se soumettent aux volontés flamandes.

Tout ce qui est fédéral est dominé par la Flandre.

Ainsi la SNCB, chemin de fer dit belge, dirigée par les Flamands, avantage la Flandre en investissant massivement des milliards en Flandre, et ce au détriment du rail wallon.

Nos politiques wallons se contentent de rouspéter mais se couchent rapidement quand la Flandre menace de scinder la SNCB.

Dans l’armée, 80 % des généraux et officiers supérieurs sont flamands.

Idem dans la police, la poste et les administrations fédérales.

L’étape suivante est une fusion progressive avec les Pays-Bas.

Les Flamands orangistes veulent refaire les Grands Pays-Bas néerlandophones dans lesquels seraient inclus, sans trop leur demander leur avis, les régions francophones de Bruxelles et Wallonie.

Même au niveau des relations internationales, la Flandre s’impose en jouant le double jeu.

En tant que représentante d’un pays qui est aussi francophone, elle envoie ses représentants dans des sommets francophones, afin d’y obtenir des contrats, des avantages pour la Flandre.

Mais en même temps, en tant que région néerlandophone, carrément francophobe, ces mêmes représentants vont dans des sommets anglophones cracher leur venin sur les francophones.

Ces mêmes Flamands francophobes font aussi des conférences au Québec, dans lesquelles ils se présentent comme les pauvres victimes des francophones du pays Belgique que pourtant ils dominent à tous les niveaux.

Face à tout cela, nos politiques wallons sont par rapport à votre dynamisme, mous et peureux.

Pour sauver l’union de la Belgique, ils sont prêts à tout accepter.

Pire, les politiques Wallons ont eu la mauvaise idée de se solidariser avec les Bruxellois.

Or les Bruxellois sont d’abord très belgicains puisque vivant dans la capitale.

Ils sont ensuite très partagés car les Flamands bruxellois (+- 6%) ont une grande influence et beaucoup de pouvoir dans Bruxelles.

Puis ils sont dédaigneux envers ces Wallons qui ne sont pas suffisamment multi-lingues (3, 4 langues)

Bref, notre seul espoir est d’avoir un jour votre dynamisme, votre enthousiasme et votre volonté.

Une option toutefois, serait le rattachement de la Wallonie à la France.

Mais, plus de 100 ans de propagande belgicaine et anti-française ont fait des dégâts et marqué les esprits.

Je vous souhaite tout le meilleur pour votre combat.

Claude Roland