Quand on se vante des pires statistiques !

Réplique à Olivier Marcil, v-p relations externes Université McGill

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M. Marcil justifiait, dans une lettre ouverte « Exode des médecins » publiée dans le journal Le Droit le 26 septembre dernier, la décision du gouvernement du Québec de confier à l’Université McGill le développement d’une faculté de médecine dans l’Outaouais, et la formation des médecins qui va avec. M. Marcil, qui a été chef de cabinet du ministre libéral Clément Gignac et ancien conseiller du premier ministre Jean Charest, offrait les arguments suivants :

  1. « 90 % des étudiants en médecine de McGill proviennent du Québec » : or l’institution n’a pas le choix puisqu’elle doit respecter les quotas imposés par Québec.
  2. « Plus de 2/3 des docteurs en médecine (MD) restent au Québec pour y compléter leur spécialisation (post-MD) comme médecins résidents ». Cette donnée est erronée : c’est presque 50 % qui iront faire leur spécialisation hors Québec, contre 1,5 % pour les universités de Montréal, Laval et Sherbrooke. Et 2 ans après avoir fini leur spécialisation, un autre 50 % quitte le Québec, et la proportion augmente avec le temps.
  3. « 80 % des résidents en médecine de famille demeurent dans l’Outaouais pour pratiquer et parlent tous français »; tiré par les cheveux ! Exit les spécialistes. Globalement, les francophones formés en anglais vont suivre les mêmes chemins migratoires que leurs confrères anglophones. La vision anglicisante proposée par McGill pour l’Outaouais sera de former 100 % en anglais pour la théorie et d’envoyer ceux qui resteront sur le terrain, des médecins qui massacreront le français.

 

Ces médecins, dont la formation coûte plus de 150 000 $ chacun, courent-ils après l’argent ? Faux. La langue est directement responsable des départs, car environ 8 %, seulement, des spécialisés formés en français quittent le Québec. Former en anglais ? Poser la question, c’est y répondre. Et dire que les universités de Moncton et d’Ottawa donnent une formation en médecine 100 % en français…

Pierre Serré, Ph.D. sc. Politique
Montréal