Jerry’s : Anything but French ?

Re : article de M. Philippe Mollé publié dans Le Devoir des 5-6 mars 2016
www.ledevoir.com/plaisirs/alimentation/464414/saveurs-europea-la-recette-du-succes

Résidants de la région de Montréal, ma compagne et moi sommes de véritables gourmands/gourmets.

Et, parmi quelques-uns de nos mignons péchés, le moindre n’est certes pas celui de découvrir de nouvelles tables de qualité.

Aussi le texte de M. Mollé nous a-t-il interpellés. Spontanément.

Hélas, pour rapidement déchanter.

C’est que, voyez-vous, une entreprise de restauration de propriété française – franco-française qui plus est – dont l’ensemble de ses établissements (Andiamo, Beaver Hall, Europea, Birks café, Jerry’s…) se voient libellés d’appellations en diverses langues, sauf le français… (et même le latin à une voyelle près [Europaea, ce qui eût été joli pour l’occasion], mais avec, bien entendu, un traitement de « faveur » pour l’anglais), en dit long, ce me semble, sur la mentalité du propriétaire.

Une mentalité qui a cours en France depuis, je dirais, une bonne génération. Et que l’on pourrait résumer par la formule suivante : Anything but French !

Nous avons beaucoup et longtemps aimé la France. Et point uniquement pour des raisons gastronomiques. Mais depuis que la France se nie elle-même, nous sommes devenus incapables, Louise et moi, d’y remettre les pieds (au fil des ans nous y avons vécu l’équivalent de quatre années dans les trente dernières). Tant qu’à visiter un pays anglophone, nous disons-nous désormais, aussi bien nous diriger vers des « authentiques » : la Grande-Bretagne, l’Australie, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande, voire, le Canada…!

Autrefois nous avions grande difficulté avec la cigarette partout présente. Mais partout ! Même dans les bons restaurants ! Mais nous nous sommes entêtés. Et nous y retournions tout de même, à intervalles réguliers. En dépit de l’arrogance des gens aussi, pour ainsi dire proverbiale. Surtout à Paris. Bref, il faut beaucoup aimer la France pour y retourner, en dépit de ces gifles répétées, constantes.

Jerry's Take OutMais cet anglaisement systématique, tout azimut, de la France de notre temps, nous a définitivement dégoûtés. Totalement. Irréversiblement. À quoi bon aimer un « être » qui n’en a rien à cirer de notre amour. Puisque sa jouissance semble résider dans le mépris de lui-même.

Aussi, sommes-nous consternés de constater un phénomène extrêmement pénible depuis quelques années, au Québec. Et phénomène, pour tout dire, parfaitement intolérable : des Français qui s’installent au Québec en grand nombre. Pour mieux angliciser les lieux !

Naïfs, nous leur ouvrons grand les bras. Immigration française au sein d’un État qui en a tant besoin : Bravo ! Oui, Bienvenue. Mais pour ensuite prendre acte que ces gens, souvent, le plus souvent, ne sont pas venus vivre en Québec. Not at all ! Ils sont venus s’installer in North America !

Pour mieux ensuite, au surplus, la plupart du temps, et comme pour ajouter l’insulte à l’injure (après avoir obtenus la citoyenneté Canadian), s’opposer ouvertement et sinon vertement à l’Indépendance du Québec ! Cherchez l’erreur…

Aussi vous comprendrez, M. Jérôme « Jerry’s » Ferrer *, qu’en dépit de votre table de bonne renommée, vous ne partagerez jamais celle-ci avec moi – avec nous.

Tout mignon que fussent vos « chiens chaleur ».
En guise de dérisoire « prix de consolation »…

La France et les Français – spécialistes devant l’Éternel quand il s’agit de se tirer dans le pied, voire, dans la tête ??? – aura été la plus grande peine d’amour de ma vie.

Et le grand Charles aux deux **, croyez-m’en, ne s’en relèvera jamais.
Jamais. Et il ne s’en console pas, soyez-en convaincu, M. Jérôme Ferrer.

La Dignité n’est-elle donc plus qu’un vain mot au pays des mots ???

Frédéric Sébastien,
Montérégie, ce Jour des Femmes de 2016

* À ne pas confondre avec Ferré, bien sûr. Qui écrivait / interprétait La Langue française… en 1962 ! À réécouter. Attentivement.

Adresse utile : http://www.chezjerry.ca/Nous_joindre.html