EURO 2016 : la France maltraite sa langue

Stade de France exclusivement en ANGLAIS!

Euro 2016 - FranceJe croyais avoir tout vu dans ma vie. Mais cette fois, je suis resté bouche bée. Je suis devant mon téléviseur et je regarde le match de l’Euro 2016 entre la France et l’Islande présenté au stade de France, à Saint-Denis. Le président de la République y assiste.

Voici le moment venu d’interpréter les hymnes nationaux. Et j’entends la voix de l’annonceur qui présente d’abord l’hymne national islandais puis ensuite La Marseillaise. Et savez-vous quoi? La présentation de l’annonceur au stade de France se fait exclusivement en ANGLAIS! Nous sommes en France, à Paris! Le monde a les yeux rivés sur cette compétition internationale et la France accepte que l’on piétine ainsi sa langue! C’est surréaliste!

Finalement, je me suis peut-être trompé. J’ai dû mal entendre. Quelques jours plus tard, je regarde à la télé le match du quart de finale entre la France et l’Allemagne. Cette fois, le duel est présenté à Marseille. Le président de la République est encore présent. C’est le moment des hymnes nationaux et l’histoire se répète. L’annonce se fait en ANGLAIS seulement. C’est presque loufoque. Il prononce le mot FRANCE à la française. Quand même…

Quelques jours plus tard, le dimanche 10 juillet, je remets ça. Je me tape la finale opposant la France et le Portugal au stade de France. Le même scénario se répète. Mais c’est encore plus surréaliste. Les cérémonies de clôture qui précèdent le match se déroulent… en anglais! Pour la présentation des hymnes nationaux, idem que lors des matchs précédents. Il faut se rappeler que tout cela se déroule à PARIS! Dans le seul pays du monde où le français est la seule langue officielle.

Et je n’ai rien dit sur les pubs qui ont défilé pendant tout l’Euro dans l’enceinte des stades : tout était en anglais, sauf de rarissimes exceptions comme pour les pubs de sociétés françaises comme La Poste ou le Crédit agricole.

C’est navrant et un peu triste à la fois. On peut comprendre le recours à l’anglais. Ce qui est plus difficile à comprendre et inadmissible, c’est le recours EXCLUSIF à l’anglais comme si toutes les langues nationales étaient devenues des maladies honteuses. Imaginez : on fait les annonces en anglais dans des stades de France où la majorité des spectateurs est française. Il faut le faire!

C’est la langue du pays qui aurait dû dominer : le français. Rien n’aurait empêché l’utilisation d’une ou plusieurs autres langues, dont l’anglais, dans les communications. Si le prochain Euro se tient au Portugal, c’est la Portugais qui devrait dominer. Pas l’anglais, ni le français, d’ailleurs.

Pierre Laberge

1 commentaire

  1. HELAS ! Et dans le même temps les régionalistes (Basques, Bretons, Occitans labellisés, Corses, etc.) stigmatisent le « jacobisme » parisien au nom d’une France fédéraliste. Mais il faut savoir que les langues régionales, principalement vernaculaires, ne furent jamais correctement codifiées par écrit pour la bonne raison qu’il existait 3 Corses (dont le Bastiais qui découlerait du génois); il existait également 4 bretons (Trégorropis, Vannetais, léonard et Cornouaillais) unifiés par écrit sous…Pétain avec applaudissements de l’Allemagne nazie, dont les fameuses écoles Diwan découlent. Quant à l’occitan, il se divisait en grandes langues (Limousin Gascon, Provençal, etc…) dont chacune était composée de dialectes et sous-dialectes. Un Basque de St-Jean Pied de Port (centre du pays basque) avait du mal à suivre un Basque de Saint-Jean de Luz, et pour se mettre d’accord ils ont adopté le Basque espagnol de San Sebastian, tout comme les Catalans de Perpignan (les néo catalans) ont adopté la langue de Barcelone. Il y avait aussi le Flamand (Lille) dont on a tout lieu de penser que les derniers locuteurs vont disparaître au profit de la médiatisation du patois picard ‘ch’ti » (cf. film à grand tapage ‘Bienvenue chez les Chtis’, projeté à l’Elysée sous le regard admiratif de Sarkozy soi même). Une pauvre caricature bien éloignée du Flamand ! Il était certes nécessaire de codifier ces langues (je suis moi-même auteur d’un glossaire d’occitan limousin*1) mais pas à n’importe quel prix, et surtout pas sur la base de lobbies imbuvables à visées sectaires. Comment donc s’étonner de cette progression intensive de la langue du « Markett » chère à nos neocons (Sarkozy, Hollande…). En Charente, certaines anciennes paroisses sont peuplées à 70 ou 50% de citoyens britanniques dont on encense les vertus de restauration des maisons rurales …. A suivre…
    (*1-https://www.amazon.fr/Parler-Charentocien-Jacques-Faury/dp/2845039859) Jacques Faury 67 ans, Limoges, autodidacte (et snobé de la mouvance universitaire régionaliste)

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