Cabane à sucre / Sugar Shack de Lac-Beauport

Érablière du Lac-Beauport
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Bonjour, gens de L’Érablière de Lac-Beauport

« Mettre les deux langues sur le même pied,
c’est mettre les deux pieds sur la même langue. »
le linguiste Joseph Hanse, à propos du Québec

Ayant été mandatée par l’entreprise au sein de laquelle je travaille pour dénicher une « Cabane à sucre » de qualité, ce printemps (et dans la région de la capitale nationale, de préférence), et ce, afin que l’ensemble du personnel puisse se retrouver hors-cadres habituels pour s’offrir une journée festive, je me suis retrouvée avec un dépliant publicitaire de votre maison entre les mains.

Mais quelle ne fut ma surprise de devoir prendre acte d’un document rigoureusement bilingue !

Alors voici. La langue française étant la (seule) langue officielle du Québec, je m’insurge contre des pratiques comme la vôtre, famille Lessard, propriétaire des lieux.

Cette attitude, outre de révéler à la fois une inconscience politique (au Québec, qu’on le veuille ou pas, la langue c’est en soi un « objet » politique), démontre un puissant manque de respect à l’égard de la collectivité québécoise.

Échanger en anglais avec les États-uniens, ça se comprend. Faire des « affaires » en anglais avec le reste du Canada (qui se dit pourtant… officiellement bilingue), ça se défend aussi.

Or s’adresser aux Québécois en « bilingue », c’est affaiblir et fragiliser plus encore le statut de la langue française, chez nous d’abord, mais partout in the RoC  également.

On ne respecte que celui qui se respecte lui-même.

Je vous informe donc, nonobstant la qualité de vos lieux, qu’il est bien sûr pour moi, pour nous, impensable de choisir votre « Cabane à sucre » pour la journée de plaisir que nous prévoyons vivre, prochainement, dans la neige et les produits de l’érable. Québécois.

Peut-être l’an prochain ? Si vous deviez effectivement, bien sûr, cesser de contribuer – volontairement ou pas, consciemment ou non – au recul de la langue française en pays des René Lévesque et des Camille Laurin.

Merci.

Hélène Pisier,
Québec, le 6 mars 2016

PS : Sur la question, je vous invite, famille Lessard, à lire cet article tout chaud sorti des fourneaux du Devoir de cette fin de semaine même : www.ledevoir.com/international/europe/464701/entrevue-la-guerre-des-langues . Bonne réflexion.