Pollution d’un grand quotidien avec un tel anglicisme!

Monsieur Bernard DESCÔTEAUX
Le Devoir
redaction@ledevoir.com

Un titre abscons

Objet : Un titre abscons

Monsieur le Directeur,

Le titre ci-dessus d’un article n’a pas paru dans une feuille de chou, mais bien dans Le Devoir du 15 octobre 2015. Essayez d’imaginer Trudeau en contemplation devant une majorité quand on sait que contempler, c’est regarder longuement et avec admiration. C’est peine perdue. Mieux vaut penser à Bonaparte haranguant son armée : « Soldats, songez que du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent »!

Pour essayer de comprendre le titre ci-dessus, il faut recourir à la langue dominante. Là, on découvre que to contemplate, c’est to consider thoroughly, think fully or deeply about. On suppose alors que le titreur pense en anglais et qu’il a voulu dire que Trudeau songe ou pense à une majorité, espère, envisage, entrevoit ou prévoit une majorité.

Il est vraiment renversant, pour ne pas dire plus, qu’un titreur supposément francophone, toujours un inconnu pour le lecteur, pollue un grand quotidien avec un tel anglicisme. Les exigences linguistiques au Devoir sont-elles moins grandes pour les titreurs que pour les journalistes ? Heureusement, l’auteure de l’article ainsi mal intitulé, Marie Vastel, n’a pas employé ce verbe dans son texte.

Ce n’est pas la première fois que nous vous signalons des fautes grossières de vos titreurs. Corrigerez-vous la situation un jour ?

« Fais ce que dois ! »

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, nos salutations distinguées.

RA/ac

Robert AUCLAIR

ASSOCIATION POUR LE SOUTIEN ET L’USAGE DE LA LANGUE FRANÇAISE
asulf@globetrotter.net
5000, boul. des Gradins, bur. 125, Québec    G2J 1N3
Tél. : 418-622-1509 ou 418 654-1649