Le Québec sera indépendant ou anglophone

QuébecLes Québécois de toutes origines, francophones et francophiles, devraient-ils baisser les bras face à 400 ans de combat linguistique pour se fondre graduellement à la majorité anglaise ou désirent-ils bâtir une nation québécoise française forte afin qu’elle conserve et transmette sa langue et sa culture, caractères uniques en Amérique du Nord?

Le moyen le plus efficace de faire disparaître une langue est de rendre bilingues ses locuteurs minoritaires.  Lors de sa dernière visite au Québec, le sociolinguiste français Claude Hagège s’est insurgé contre les volontés du gouvernement libéral d’instaurer l’enseignement de l’anglais au primaire.  Hagège n’est certes pas contre l’apprentissage des langues. Il en parle huit.  Mais il sait pertinemment où mène le bilinguisme collectif d’une minorité.  Il n’est pas le seul.  Les auteurs sérieux sur le bilinguisme sont unanimes : le bilinguisme imposé est l’étape ultime vers l’assimilation.  Vous en doutez?

L’histoire des peuples foisonne d’exemples illustrant les effets mortels du bilinguisme collectif où la langue minoritaire ne se transmet plus.  Aux États-Unis, l’assimilation des deux millions de Franco-Américains illustre parfaitement les conséquences d’un bilinguisme généralisé imposé à une minorité. Le cas de nos voisins franco-ontariens bilingues est très révélateur : malgré leurs efforts héroïques, l’assimilation est installée confortablement pour la moitié d’entre eux. Malgré le rêve utopique de Pierre Elliott Trudeau, force est de constater qu’en 2015 le bilinguisme au Canada semble être l’apanage des francophones avec ses conséquences désastreuses contribuant ainsi à la disparition de la francophonie.  Après 40 ans d’écoles d’immersion, nous peinons à obtenir des services en français dans les hôtels, les commerces et autres établissements de la capitale nationale.

Vous pensez qu’au Québec la situation diffère? Sur son blogue au mois de mars 2014,  Le bilinguisme collectif, étape vers l’assimilation, le journaliste Pierre Allard analyse avec rigueur le recensement canadien de 2011.  Les régions du Pontiac, de l’Outaouais et la grande région de Montréal démontrent  un  recul du français comme langue d’usage et une croissance rapide de l’anglais.  Pendant que les francophones bilingues s’assimilent, les anglophones, eux, restent unilingues.

En Outaouais, les signes de l’assimilation des francophones sont nombreux.  À titre d’exemple, depuis au moins quatre ans, un commerçant unilingue de Gatineau sert uniquement en anglais sa clientèle qui accepte, sans sourciller, cette situation. Une des conséquences désastreuses de l’immobilisme constitutionnel,  c’est que loi 101 affaiblie et triturée, ne prévoit pas, semble-t-il, aucune infraction pour ces commerçants récidivistes.

Dans l’article « La mortalité des langues et le bilinguisme des peuples » le professeur William Mackay de l’Université Laval explique bien que le bilinguisme collectif d’une minorité mène à sa disparition, Pour Mackay, pour qu’une langue minoritaire comme le français puisse réussir à se maintenir, il faut créer d’immenses poches d’unilinguisme de cette langue.

Le déclin inexorable du français au Canada est donc un fait, même au Québec. Un nouveau seuil est atteint.  Les citoyens de langue française ne sont plus que 22,1% au Canada et, au Québec, nous sommes passés sous la barre des 80%.  Notre poids démographique s’étiole et, par le fait même, notre pouvoir politique fond comme neige au soleil, éléments essentiels pour assurer la pérennité du français en Amérique.

Apprendre plusieurs langues est un enrichissement. Mais, le bilinguisme collectif que veut imposer le gouvernement permet aux anglophones de fonctionner uniquement en anglais et oblige les francophones à fonctionner dans les deux langues pavant ainsi une voie royale à l’assimilation des francophones.  Pendant ce temps, des centaines de milliers d’unilingues anglophones et de nouveaux arrivants préférant l’anglais comme langue d’usage n’apprendront jamais le français.

Un jour, le Québec sera souverain ou anglophone.

Denise Fontaine

1 commentaire

  1. Au niveau linguistique, le problème que l’on rencontre au Québec et que l’on rencontre également en France, c’est, entre autes éléments, l’anglicisation de la langue française. Mais comment s’étonner de ce phénomène, alors que les enfants des deux pays apprennent l’anglais, ou vont bientôt l’apprendre, dès le berceau ? Comment s’étonner de ce phénomène, alors qu’ils vivent dans un milieu de plus en plus dominé par la langue anglaise et par la culture anglo-américaine ?

    À n’en pas douter, les nouvelles générations, seront autant imprégnées d’anglais que de français, et l’anglais sera alors pour elles, comme une seconde langue maternelle. Bien évidemment, dans ces conditions, la jeunesse de demain comprendra de moins en moins que l’on veuille résister à l’anglicisation.

    Mais comment ne pas comprendre que tout cela répond aux directives de ceux qui veulent gouverner le monde (FMI, OMC, Bilderberg, la Trilatérale, le Siècle, la Round Table, Davos, Goldman Sachs, Morgan, Moody’s, le CFR, le RIIA, la FAF, etc.), le but de la manoeuvre étant de polluer les langues nationales par l’anglais pour en enlever leur substantifique moelle, leur génie, leur cohérence, leur clarté, pour en faire des patois insipides et sans importance, pour, au final, dans le chaos linguistique ainsi créé, ne plus avoir d’autres choix pour se faire comprendre que de communiquer en anglo-américain. Mais que l’on ne s’y trompe pas, en ayant tué les langues nationales, les Nations les auront suivies dans la tombe, et c’est bien-là le but ultime de l’opération : plus de nations, plus d’écrins protecteurs pour les peuples qui les composent, le monde sera alors prêt à être dirigé par les banquiers-bandits apatrides de la mafia de la finance.

    Plus que jamais donc, il faut refuser la politique du tout-anglais, refuser la mise en place de la bilinguisation langue nationale-anglais de la France, du Québec, de l’Europe et du monde, exiger l’enseignement pluriel des langues étrangères à l’école sans favoritisme, aucun, pour l’anglais, etc. !

    Vaste programme et grands combats en perspective !

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