CLAUSE DE DISPARITÉ ou

CLAUSES ORPHELIN ou ORPHELINES?

Martin Coiteux

Martin Coiteux

Des clauses orphelin! Voilà une appellation qui surprend, dont on se demande en vain la signification. La présence d’un adjectif masculin singulier pour qualifier un substantif féminin pluriel ne facilite pas la compréhension. S’il faut en croire les journaux, ce fait ne semble pas avoir embarrassé le chef de la CAQ, M. François Legault, qui a employé cette appellation à quelques reprises ni le président du Conseil du trésor, M. Martin Coiteux, qui l’a reprise sans sourciller. Il faut noter, à leur décharge, qu’ils ne sont pas les premiers ni les seuls à s’exprimer ainsi. Il y a de quoi s’inquiéter.

François Legault

François Legault

À bien y penser qu’est-ce que l’appellation étrange « clause orphelin » peut bien vouloir dire à un francophone? La réponse est claire : rien! Pour le savoir, mieux vaut pour lui s’informer de l’appellation employée par les anglophones dans ce cas. Il apprendra qu’ils parlent d’une  orphan clause. S’il consulte ensuite un dictionnaire anglais, il va découvrir que le motorphan, au figuré, se dit d’un personne ou d’une chose privée d’un avantage ou d’une protection, contrairement au mot français orphelin qui n’a nullement ce sens. Voilà la source de l’anglicisme.

La clause en question dans une convention collective prévoit habituellement un salaire différent en fonction de la date d’embauchage d’un salarié. Ainsi, un nouveau salarié touche un salaire inférieur à celui qui est établi pour un emploi donné. Il en résulte une différence de traitement entre salariés pour un même emploi, soit une disparité. Quoi de plus normal alors que de parler d’une CLAUSE DE DISPARITÉ (DE TRAITEMENT)!

ASULF ASSOCIATION POUR LE SOUTIEN ET L’USAGE DE LA LANGUE FRANÇAISE

Personne morale constituée en 1986 sous le nom d’Association des usagers de la langue française, en vertu de la IIIe partie de la Loi sur les compagnies (chap. C-38)

Fondateur et président honoraire : Robert Auclair