Plusieurs situations qui m’horripilent au plus haut degré

Lettre ouverte

Je suis un canadien d’expression française. Je n’ai, en français, aucune formation spécialisée autre que la grammaire et le vocabulaire que j’ai appris à la petite école au cours de mon enfance. Cependant, j’ai toujours eu une prédilection pour le français bien parlé et bien écrit.

 

Dans les années 1960,  j’ai travaillé dans une entreprise manufacturière de Trois-Rivières qui comptait environ 1000 travailleurs. Tous les patrons étaient anglophones, à l’exception de deux. et à mon arrivée, tout le travail se faisait en anglais: rédaction de rapports de production, échanges verbaux patron-employé, réunions de travail, description des matières premières et des produits finis, publicité, etc. … Tout!

 

Graduellement, avec l’accord et la collaboration de la haute direction, j’ai initié la francisation de l’usine. J’ai même formé un comité avec les représentants de deux usines semblables à la nôtre. Ce comité a été chapeauté par l’Office de la langue française.  L’Office a publié un peu plus tard un lexique qui s’est avéré très utile. C’était avant la loi 63 qui est devenue plus tard, la loi 101. (voir photos jointes)

 

Malgré tout cela, je n’ai vraiment aucun souci à aller magasiner chez les Costco Wholesale, Home Hardware etc. … ou à boire un café chez Second Cup.

 

D’autre part, il y a au Québec plusieurs situations qui m’horripilent au plus haut degré au sujet de la langue française et dont personne ne semble se soucier. Je m’explique: Si je lis au complet un article publié dans notre journal local, Le Nouvelliste,  il y a environ une chance sur trois que je trouve une, deux ou même trois fautes de français. Pas des fautes de frappe;  des fautes d’orthographe, de grammaire ou même des phrases mal construites. Nos journalistes ne savent pas accorder les participes passés, ils ne savent pas conjuguer au subjonctif, ne savent pas la différence entre un  »h » muet et un  »h » aspiré, etc. …

 

Si je regarde le Téléjournal de Radio-Canada à la télévision ou les Nouvelles TVA, pratiquement tous les soirs j’entends des fautes qui me cassent les oreilles.  Des aréoports au lieu de aéroports, des empruntes au lieu de empreintes, pour ne donner que deux exemples.  Même nos politiciens ne savent pas parler correctement (à l’exception bien sûr de messieurs Pariseau, Bouchard, Landry et quelques autres)

J’ai déjà entendu Madame Marois nous parler des démarches qu’elle a fait (sic) ou des choses qu’elle nous a dit (encore sic). Récemment, Monsieur Lisée nous parlait des huit-z-années (sic) du parti libéral. Je pourrais vous donner encore de nombreux exemples.

 

SobeysDans un autre domaine, j’ai récemment communiqué par écrit avec le service à la clientèle de Sobeys. Un illettré fonctionnel m’a répondu:

 

 »Oui, exacte, je ne vous ais pas oublié, j’ai déjà envoyé la demande a votre sujet pour le rendez-vous que vous vouliez avec M. Toutant. J’attends des nouvelles de la personne en charge de ce magasin. Dès que j’en ais je vous tien au courant. »

 

Six fautes en deux lignes. Ma foi, j’aurais préféré une réponse en anglais.

M. Perreault, je me demande si je peux faire quelque chose pour améliorer la situation.  J’ai déjà communiqué avec la Société St-Jean-Baptiste mais ils n’ont manifesté que peu d’intérêt.

 

André Desjardins

Trois-Rivières

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