Le rêve brisé

Le rêve brisé

On est passé des géants aux nains, et tombé de l’immense dans l’étroit et le borné.
– Chateaubriand. Essai sur les révolutions.

Les aurores me sont comptées. Je ne verrai pas les lendemains qui chantent et le  Québec  prendre sa place dans le concert des nations. Les dernières élections ont scellé la porte des illusions crevées et entreposé l’espérance pour des suites de générations. La mienne a connu des grandes pointures de la vie politique : Georges-Émile Lapalme, René Lévesque, Jacques Parizeau, ont élargi le champ de vision ratatiné d’une conception étroite  de la politique québécoise. Ils nous ont fait rêver d’être autre chose qu’un morceau comme un autre du  Dominion du Canada. Je crains qu’il y ait rareté de successeurs pour nous amener aux portes de la terre de l’indépendance.

Le rêve est brisé et je le crains fort,  pour des suites de pères. L’’idiot visuel est le sésame des temps nouveaux. Les téléphones sont intelligents, la langue de Molière est  barbarisée,  torturée,twittée,  ses utilisateurs infantilisés par des  borborygmes. Bref, une chatte du temps de ma jeunesse n’y retrouverait pas ses petits.

Pour couronner le tout, un récent résultat électoral me rappelle que je suis provincial et que je le resterai jusqu’au moment où je passerai l’arme à gauche. Ce qui ne me fera pas pour autant reposer en paix!

Yves Michaud
Ancien député de l’Assemblée nationale du Québec
Seizième jour des ides de Mars 2014

1 commentaire

  1. Il fut un temps une patrie qui eût pu…devenir un…pays
    Réflexions discursives

    Pour qu’un patriote puisse se battre, toujours lui faut-il une patrie…

    « Ceux qui luttent contre l’indépendance du Québec favorisent, consciemment ou inconsciemment, avec bonne ou mauvaise foi, la disparition de leur peuple. » Guy Bertrand

    Ce jour d’hui, mardi 8 avril 2014, les Américains du Canada qui regardaient les Québécois avec condescendance ont maintenant droit de les regarder avec mépris.

    Le peuple québécois a vendu son âme au diable. Le mythe de la chasse-galerie se matérialise.

    Au Québec, l’$ fait le bonheur. Votons Libéral!

    François de Montmorency de Laval changerait sûrement de nom à constater que Laval vote comme les anglais.

    Laval. La vallée des avalés!

    Toute âme a un prix. Les québécois l’ont compris.

    Si la région de Québec pense comme un beauceron et que la Beauce pense comme les gens de Laval, et que Laval pense comme les immigrants de Montréal, le Québec n’est plus qu’une bourgade qu’il ne vaut plus la peine de défendre. Assimilons-nous tout de go!

    Le château-fort du Saguenay et du Lac St-jean vient de tomber à son tour. L’histoire des Plaines qui se répète. Et cette fois-ci, ils ont décidé d’apprendre l’anglais pour le vrai…

    Mon pays, avait raison Vigneault, ce n’est pas un pays.

    Bientôt, les Québécois devront solliciter avec humilité une place au sein de la Confédération canadienne. Et ils le feront sans vergogne! Ça va être payant!

    Le Québec aux Québécois? NON… au plus offrant…

    Je suis Québécois; donc, je ne me souviens de rien! Pis encore, je n’y tiens pas…

    Le Québécois ne veut pas d’un pays. Il veut un abri fiscal.

    Depuis le rapatriement de la constitution de Trudeau, tous les premiers ministres du Québec ont refusé de signer l’entente constitutionnelle avec le Canada. Alors pourquoi rejetons-nous l’idée de nous affranchir et nous donner un pays bien à nous? Parce que nous n’en valons pas la peine.

    Qu’ont Paul Martin et P. Couillard en commun? Les deux entendent payer le moins d’impôt possible dans leur propre pays.

    À force d’avoir des médecins en politique, autant approuver l’euthanasie tout de suite. Les mêmes toubibs clament qu’il manque de médecins au Québec. Alors comment se fait-il qu’ils ne soient pas à vaquer à l’hôpital?

    Comment une nation qui se veut un peuple peut-elle élire un gouvernement parce qu’elle craint que son adversaire lui donne un pays?

    La péréquation… la péréquation… le bien-être social à grande échelle?
    La réponse se trouve au (http://actualites.sympatico.ca/nouvelles/blogue/quebec-perequation-denis-lebel).

    Le peuple (sic!) québécois se saigne de 55 milliards annuellement (i.e. 1.06 milliard par semaine!!) en expédiant ça à Ottawa. C’est comme demander à son voisin d’administrer ses épargnes. Et lorsque le Québec en a besoin, le voisin lui dit de se taire et d’attendre son tour car il est à investir cet argent dans les sables bitumineux en Alberta et à développer l’hydroélectricité à Terre-Neuve!

    Qui subventionnent Hydro Québec? Les contribuables québécois. Qui subventionnent les projets hydroélectriques à Terre-Neuve? Les contribuables québécois. On prend nos impôts fédéraux pour construire des barrages au Labrador afin que Terre-Neuve puisse vendre à bas prix de l’électricité aux Américains et ainsi voler le marché au Québec. Lâchez pas Québécois, il ne faut pas contredire le fédéral. On pourrait passer pour des «séparatisses». Suckers!

    Oh, en passant, faudrait aussi oublier que le Labrador, partie orientale du Québec jusqu’en 1927, lui fut ravi par Londres et cédé à Terre-Neuve afin d’acheter les Terre-Neuviens à l’idée de devenir la dixième province du Canada. Encore une fois faudrait faire un effort d’amnésie nationale pour éviter de passer pour des chialeux.

    Qu’est-ce qui distinguent les Canadiens des Américains? Leur drapeau et leur devise ($). Qu’ont-ils en commun? Leur culture.

    Qu’ont les Québécois en commun avec les Canadiens? L’argent.

    Les Canadiens et les Américains : du pareil au même.

    Jamais les Américains canadiens n’accepteront dorénavant le Québec au sein de leur confédération à moins qu’il ne marche sur les genoux.

    L’aplaventrisme convient à ceux dont l’appât du gain prime sur le respect de soi.

    Le Saguenay s’est rangé du côté de Couillard afin de faire plaisir en anglais aux innombrables touristes canadiens et américains qui viennent visiter leur Royaume…

    Leur Premier ministre est un médecin sans frontières qui, au lieu d’aller combattre l’Ébola en Afrique du sud, a choisi d’aller soigner les émirs d’Arabie saoudite.

    Leur valeureux Premier ministre a ainsi ouvert des portes commerciales avec l’Arabie saoudite, principal pays à financer le terrorisme international. Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es!

    Le peuple québécois a marchandé son intégrité. Il a choisi le pouvoir de l’argent pour mieux panser son mal à l’être, pour mieux masquer son manque de respect de soi-même. Il est prêt à troquer sa culture, sa langue, sa fierté d’homme libre pour se lier à un pays qui ne veut pas de lui tel qu’il est. Le Québécois est devenu ignorant de son passé et ne reconnaît qu’une seule lettre de l’alphabète, le «S» rayé de barres ($). Il délaisse son âme pour faire place à celle du commerçant. À Meech, le Canada a dit NON aux maigres cinq conditions qu’il présentait. Le Québec a pilé sur sa fierté et a réduit ses revendications pour essayer de nouveau de trouver un terrain d’entente à Charlottetown, mais en vain. Le Québec en était rendu à trois revendications. On lui a redit NON!

    Et pourtant, comment fait-on pour ne pas voir que le Canada n’acceptera le Québec qu’à ses propres conditions? Non et renon! Voilà la réalité! Et si le Québec avait pu se doter d’une Charte des droits qui rendent l’État laïque, il se serait mérité le respect de ses voisins. Mais voilà que devant la montée incessante de l’intégrisme à travers le monde, le Québécois n’a pu faire front commun. Qu’à cela ne tienne, la bonne idée d’un parti devient l’idée à battre. On préfère tasser les gens qui ont des idées basées sur l’expérience (ex. Fatima Gouda-Pépin), plutôt que de saisir l’occasion et montrer de la solidarité. Impossible. Discorde est son nom! Voilà comment le Québec est perçu de partout maintenant! Et quel gâchis! Maudite partisannerie!

    À l’orée de l’horizon du temps, je m’attriste d’en venir à la même conclusion que celle de mon père avant qu’il n’avance d’un pas dans le firmament. Au lendemain de cette élection crève-cœur de 2014, je viens de réaliser que je ne pourrai m’affranchir et devenir un citoyen d’un Québec libre. Il s’agissait là d’une dernière chance à ceux qui comme moi croyaient pouvoir voir naître NOTRE pays. Nous l’avons laissé passer. Elle ne reviendra plus. Comme l’Amérique, le Québec est voué à se donner corps et âme à la chose économique, au matérialisme, à la perte de son identité. Il se «louisianisera» à son tour. Une fois par année, les Québécois sortiront la ceinture fléchée pour se donner une raison de se saouler comme en Nouvel Orléans et la culture deviendra un souvenir. Le cancre de l’assimilation aura fait son œuvre. Et un jour il sombrera dans l’oubli. Parlez-en à Zacharie Richard…

    J. R. Claude Blanchette, B.A., CAPÈS, M.A.

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