La charte des valeurs, entre division et inclusion

Lettre ouverte

Yves Michaud montre la porte aux réfractaires à la charte

Un texte de La Presse Canadienne

Yves Michaud (archives)  Photo :  PC/Graham Hughes

Yves Michaud (archives) Photo : PC/Graham Hughes

Les croyants de toutes confessions qui sont outrés par la charte des valeurs n’ont qu’à plier bagage et à trouver refuge ailleurs, estime le militant indépendantiste Yves Michaud.

À quelques jours de la consultation publique sur le projet de la loi 60 instituant la charte, le ministre responsable Bernard Drainville a trouvé en M. Michaud un allié indéfectible en faveur de l’interdiction des signes religieux chez les employés de l’État.

Selon l’ancien délégué général du Québec à Paris, le ministre Drainville doit maintenir la ligne dure en dépit des pressions. Une société laïque, à son avis, ne doit faire aucun compromis pour accommoder quelque croyance que ce soit.

Que des salariés de la fonction publique portant la kippa ou le hijab perdent leur emploi parce qu’ils expriment leur foi en milieu de travail n’émeut pas M. Michaud. Ceux qui refuseront de ranger au placard leurs symboles religieux n’auront qu’à s’installer « dans un pays où c’est toléré », a-t-il affirmé en entrevue.

Débats animés en vue

Plus de 270 groupes ou individus ont exprimé le désir de faire entendre leur point de vue sur la charte en commission parlementaire à compter du mardi 14 janvier. Les débats s’annoncent animés alors que même le mouvement souverainiste est profondément divisé sur l’étendue des restrictions vestimentaires que veut imposer le gouvernement de Pauline Marois.

La charte des valeurs propose en effet d’interdire le port de signes religieux non seulement aux employés dotés d’un pouvoir coercitif – policiers, juges, procureurs de la Couronne – mais aussi aux fonctionnaires, enseignants, éducatrices en garderies subventionnées, personnel d’hôpitaux et des municipalités.

Les anciens chefs péquistes Lucien Bouchard, Jacques Parizeau et Bernard Landry ont affiché leurs réserves face au projet du gouvernement, Québec solidaire s’y oppose et Option nationale demeure plutôt à l’écart du débat.