UNE OCCASION EN OR DE SE DÉCOLONISER

D’habitude, après des parades, certains diraient des « sparages », les Québécois se plaignent, rouspètent et finissent par plier et se soumettre au pouvoir du Canada. Le Canada, lui, est habitué à cette conclusion et c’est pourquoi il n’a jamais pris au sérieux nos demandes et encore plus nos décisions, toujours déçues, contrecarrées et refusées quand elles étaient vraiment l’expression de notre affirmation nationale.

Depuis 1960, le Québec s’est affranchi sur les plans économique, social et en partie culturel  mais psychologiquement, nous sommes restés aussi fragiles, ambivalents culpabilisés et colonisés qu’auparavant. Ce que l’on voit et lit à propos du soccer devrait nous en fournir la preuve évidente.

Serait-ce enfin le moment de franchir le pas? À quoi nous sert de jouer au soccer en Ontario, ou ailleurs sous l’unifolié, si c’est pour étaler notre dépendance et montrer au monde notre inexistence, notre soumission coloniale, notre impuissance à affirmer ce que nous prétendons être.

Ce serait une occasion en or de briser le cercle. Demeurer indifférent aux menaces et aux sanctions d’Ottawa, assumer  notre condition réelle et en braver les limites. Subir de légers et passagers inconvénients, du reste en grande partie imaginaires, nous montrer à la hauteur de ce que les divers « printemps » du monde nous montrent. Surtout demeurer insensible face aux diverses intimidations qui jouent sur la casuistique du danger et de la sécurité, sur la sensiblerie à l’endroit des immigrants, sur de prétendues applications des droits et libertés de religion, etc. Reculer sur ce point nous confirmerait dans notre condition d’éternel vaincu et dans notre incapacité à vivre comme un peuple debout et libre. 

Hubert Larocque
Gatineau.