Que nous enseigne la Charte?

Lettre ouverte - Une immigration qui prend parti contre lui.

La Charte nous révèle une fracture profonde entre deux Québec, celui du peuple fondateur et de ses combats historiques et un autre Québec que nous avons laissé croître inconsidérément et dont nous entrevoyons aujourd’hui les fruits menaçants. Comment avons-nous pu croire que, en cultivant une dualité équivoque entre un Québec français et une Province fédéraliste, l’Histoire nous attendrait et qu’il serait toujours temps de revenir intacts à notre destin premier?

 

Nous croyions bien naïvement que nous serions maîtres « chez nous », comme par magie, en nous gardant bien de le définir et de l’affirmer, et en discourant et en votant à l’opposé.   Que voyons-nous ces jours-ci dans les rues et dans l’espace public? Un peuple qui se définissait comme une société d’accueil et qui s’accordait la plus grande générosité, le voilà contesté ouvertement et impunément par une immigration qui prend parti contre lui et lui dicte la conduite à tenir à son endroit. Nous croyions recevoir des individus qui désiraient devenir des Québécois, c’était la condition sine qua non de notre accueil, et voilà que l’on nous commande de recevoir, sur un pied d’égalité avec nous , des nationalités, des cultures et des religions d’ailleurs. Et au nom de quoi? Des libertés dites individuelles que plusieurs des nôtres, aveuglés par le clinquant du mot et par une idéologie simpliste, se hâtent d’invoquer en comptant odieusement que la Cour suprême nous les impose par la force.

 

Qu’en est-il exactement des libertés individuelles? On ne les invoque que pour implanter ici les identités collectives des peuples étrangers qui s’établissent au Québec. Qui ne voit la transparence grossière de cette manœuvre? Le port du voile, par exemple, n’est pas qu’une fantaisie individuelle, c’est le signe de l’Islam qui est à la fois une religion et une identité étroitement soudées l’une à l’autre.

 

Nous savons que la Charte est imparfaite et parfois contradictoire. Pourtant, quand Rome ou Constantinople brûle, on ne perd pas de temps à discuter du sexe des anges. Quand vous seriez en désaccord avec toutes les mesures de la Charte,  si vous comprenez bien de quoi il s’agit, en fait du Québec lui-même, il faudrait encore l’appuyer à cent pour cent. Le reste aura bien son heure.

 

Hubert Larocque, Gatineau.

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