MÊME QUÉBEC NOUS TRAHIRAIT-IL?

En catimini, comme on file à l’anglaise, la Gazette officielle du Québec nous apprenait hier que nous venions de perdre 2.18% km 2  de terres au profit de Kahnawake. Plus précisément, notre Gouvernement vient de céder au Ministère des Affaires indiennes d’Ottawa  un précieux territoire, dans une région  stratégique, qui échappera à sa juridiction et qui ne nous reviendra pas. Partout où le Fédéral  met la main sur une portion de terre, celle-ci se constitue en enclave soustraite à notre territoire national,  soumise à d’autres lois et à un bilinguisme anglicisant. La même inconscience, la même lâcheté vient de laisser faire la fermeture d’un chemin patrimonial et nécessaire à la circulation, le Chemin Gamelin, à Gatineau, en Outaouais, pour s’incliner devant la CCN du Fédéral. Dans le cas de Kahnawake, tout  comme à Oka, on peut vérifier de visu  l’unilinguisme anglais et l’irrespect de nos lois sans que Québec  n’ait jamais rien fait pour assurer un respect minimal de la loi 101 et en y affaiblissant gravement ses autres juridictions.

Faut-il rappeler au Gouvernement du Québec qu’il ne suffit pas d’affirmer pour la forme le caractère national de l’État du Québec, et que le français en est la langue officielle, il faut, au jour le jour, et dans le détail, veiller à traduire ces affirmations dans les faits. Cesser de dire et faire, faire!

Gouverner avec la conscience et la vision de notre identité et de notre destin, voilà le premier et le plus important devoir de tout Gouvernement du Québec. Ne rien perdre, d’abord en territoire, combattre tout ce qui s’y oppose, négocier sans se mettre à genoux et sans rien aliéner d’essentiel,  dénoncer, refuser et sévir quand il le faut, voilà les caractéristiques d’un  véritable Gouvernement national. Autrement, le Gouvernement du Québec, qui devrait être le fer de lance de notre volonté de peuple, ressemble de plus en plus à un bateau sans boussole et, de surcroît, tombé en quenouille.

Hubert Larocque
Gatineau