L’histoire : une addition de faits ou le récit des Québécois?

Lettre ouverte

On s’intéresse périodiquement à l’histoire et à son enseignement. Il s’agit sans doute d’une question trop sérieuse pour la laisser aux mains des seuls historiens! Ceux-ci nagent dans une grande incohérence par le fait qu’ils prétendent écrire une histoire en soi, objective, alors que celle-ci est toujours l’histoire d’un peuple et que, si elle n’est pas la nôtre, elle est au service de la vision et des intérêts adverses du Canada. Par exemple, le faux débat du voile sert tout simplement de masque à notre indécision nationale, au flou de notre vision qui résulte de l’intériorisation de la Conquête de 1760 et nous soumet à l’ordre canadien qui en est la perpétuation. Nous ne voyons plus que nous sommes les fondateurs et les maîtres du pays et nous n’avons plus la lucidité et la force de nous affranchir de ce qui s’y oppose. C’est l’histoire qui nous enseigne comment nous en sommes arrivés à ce point de délabrement national et qui nous indiquerait, si elle était convenablement enseignée, les voies d’un redressement.

Le matin de sa première « victoire », en 1976, si le PQ avait compris ce qu’était l‘indépendance, il serait arrivé au pouvoir avec, en main, un jeu complet de manuels d’une authentique histoire du Québec et, comme premier acte, en aurait imposé l’étude complète et non édulcorée dans toutes les écoles du Québec. Une fois posées les bases d’une connaissance et d’une conscience nationales réellement décolonisées, tout le reste serait devenu possible. Hélas! nos chefs, même les plus estimés, n’étaient et ne sont toujours que des « demi-fédéralistes » à la conscience divisée et opportuniste. Ils ont de la sensibilité pour des femmes dévoilées  mais aucune pour la dépossession de leur peuple. Pensez à la capitulation des Parizeau, Bouchard et Landry devant la fronde anti-charte…  L’indépendance n’est pas en avant dans la continuité d’un Canada dont elle reproduirait tous les caractères. L’indépendance est la reconquête d’un état antérieur dont nous avons déjà joui et auquel, en pleine modernité, nous avons à revenir.

L’indépendance est la coïncidence d’un État avec la nature et le destin d’un peuple.

Hubert Larocque
Gatineau

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