STM ET DISCRIMINATION

STMChère madame Josée Bureau,

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Cc : michel.labrecque@stm.info; marianne.rouette@stm.info

Ayant lu votre réponse au sujet du dossier de représailles envisagées à l’égard d’un employé ayant affiché que « Au Québec, c’est en français que ça se passe », je tiens à vous souligner quelques points avec lesquels je ne vois pas du tout les choses du même oeil que vous.

Ainsi, lorsque vous écrivez « car tout affichage de convictions personnelles ne s’inscrit pas aux lois et règlements du code d’éthique auxquels tout employé de la STM doit se conformer.» En quoi s’agit-il de « convictions personnelles » comme vous le dites? En quoi un principe clairement inscrit dans la Charte de la langue française peut-il être rabaissé au rang de simple « conviction personnelle »? Est-ce à dire que la STM, comme telle, n’a pas cette «conviction» qu’au Québec, c’est en français que ça se passe?

De même, vous écrivez « L’entreprise est sensible à la réalité de la diversité et le caractère multiculturel de la population qu’elle dessert. ». C’est justement au nom de la préservation de la diversité culturelle que les Québécois doivent protéger leur langue et leur culture, et cette tâche importante incombre évidemment aux institutions publiques, comme la STM, car si ces institutions baissent les bras, personne d’autre ne le fera à notre place! Si comme vous le prétendez, vous croyez vraiment à l’importance de protéger la diversité culturelle (au même titre qu’il importe de sauvegarder la biodiversité), alors vous devez accepter vos responsabilités d’empêcher que notre îlot de culture française dans l’océan anglo-américain ne soit englouti.

Par conséquent, sachez que lorsque vous écrivez « Conséquemment, aucune forme de discrimination n’est tolérée. », sachez qu’il n’y a pas pire intolérance et discrimination que celle de la personne qui, en position de pouvoir linguistique, vous envoie le message « Speak white! », car c’est la langue du pouvoir, de l’assimilation, de l’uniformisation et du buldozage des différences culturelles…

Robert Morin