PLAN NORD ET INSOUCIANCE LINGUISTIQUE

Sur nombre de plans, le gouvernement Charest ne mérite pas la réputation de monstre  que ses adversaires se sont plu à lui inventer ces derniers mois. Mais il est un point essentiel  pour lequel sa réélection ne semble pas souhaitable, celui de son insouciance linguistique. Un séjour dans l’opposition pourrait peut-être ranimer chez lui quelque sensibilité nationale et lui enseigner une certaine réserve à l’endroit de la dominante de sa base électorale. On sait que celle-ci  n’est francisante que du bout de lèvres  et complice de tout ce qui assure la suprématie de l’anglais.

Contre tout un parti, rendons à César ce qui lui appartient. Oui, le Plan nord est en soi une grande chose, l’une de celles qui haussent le Québec au niveau des nations qui comptent sur le globe.  Il y a évidemment d’autres moyens de le concevoir et de le mettre en œuvre que de vendre nos ressources à rabais pour subvenir à des dépenses à courte vue!

Une entente aussi importante que celle portant sur la création d’un gouvernement régional à la Baie James  aurait dû être exposée et examinée en commission parlementaire. Au lieu de quoi, nous apprenons la chose au moment où elle se signe.  Et cette entente contient des clauses désastreuses pour l’avenir du français, contraires à la loi 101 et au vœu et à l’effort entier du Québec depuis 1976. L’expérience nous apprend que lorsqu’on autorise l’usage d’une autre langue que le français « pour la fonctionnalité de la chose », -il s’agit bien sûr de l’anglais-, que la place de celui-ci deviendra en peu de temps majoritaire.

Le prochain gouvernement devra rouvrir cette entente pour la rendre conforme à la loi 101. Les Cris, prétendant être une nation,  n’ont aucun droit à l’anglais ni à celui de jouer sur deux tableaux. De plus, est-il  prudent d’accorder des droits à des nations qui n’ont pas fait la preuve d’une acceptation élémentaire de la nature et du caractère français du Québec?

Hubert Larocque, Gatineau.