LES ANGLOS FACE AU MÉTROPOLIS

Certains voudraient que rien ne se soit passé ou que ce qui s’est passé ne signifie rien. La meilleure façon de contrôler de semblables événements n’est pas d’en nier la signification, mais de la reconnaître et de décider lucidement ce qu’on en fera. Oui, il existe une profonde animosité entre le Canada et le Québec toutes les fois que celui-ci manifeste la moindre velléité d’indépendance. Oui, la couverture anglaise, tant de Montréal que d’ailleurs, est profondément hostile à un Québec français et ne néglige aucun procédé péjoratif, injurieux, raciste, haineux, pour éviter de voir sa vraie figure dans le miroir de sa conscience. Oui, la communauté anglaise de Montréal a combattu la loi 101, ne l’a accepté que par obligation et à condition qu’elle ne s’applique pas ou le moins possible. En connivence avec le gouvernement fédéral et son bras séculier, la Cours suprême, elle travaille incessamment à la gruger et à l’invalider, etc. Ce sont des faits avérés, indéniables. Une prétendue paix sociale qui repose sur le mensonge et le laisser-faire ne peut qu’engendrer la haine et la violence. Le meilleur service que l’on puisse rendre à la communauté anglaise de Montréal, c’est de lui dire la vérité et de chercher avec elle les voies de l’amendement. Tous ces journalistes et ces universitaires qui atténuent le sens et la portée de l’acte du Métropolis en prétextant la folie et la non-représentativité de ce « bon  monsieur à l’âme troublée » travaillent en réalité à endormir les Anglos dans une fausse innocence et justifient la continuation de leur lutte sournoise, à la violence larvée, contre le Québec français.

Hubert Larocque, Gatineau.