« LE FRANÇAIS, ÇA SE PARLE À DEUX! »

Je viens d’entendre, ce matin, votre campagne de sensibilisation dans le cadre du temps des fêtes. Je suis ravi de voir qu’il y a des personnes et des organismes qui ont à cœur la préservation du français dans notre belle région bombardée de part et d’autre d’idées selon lesquelles on peut très bien vivre en Outaouais en parlant uniquement l’anglais. Je vous encourage dans vos efforts de réanimer l’amour et la passion pour la langue française et la culture québécoise.

J’aimerais soulever un autre point qui devrait faire partie de vos campagnes de sensibilisation dans l’avenir. Je me suis récemment marié avec une femme syrienne qui a depuis immigrée au Canada. Elle habite Gatineau depuis plus d’un an et demi, et elle suit présentement le programme de francisation du Centre Nouvel-Horizon, programme dont je ne peux cesser de faire l’éloge. Ma conjointe parle l’anglais et a fait le choix de suspendre son intégration au marché du travail pour se permettre une intégration saine au sein de la société québécoise. Bref, elle a fait le choix de vivre en français. Aujourd’hui elle est bien capable de fonctionner en français, de faire des achats, de prendre des rendez-vous, etc.

Ceci étant dit, la réception de certains commerces et de certains Québécois dans la région laisse à désirer. Normalement par volonté d’accommodation, parfois par impatience, certains commerçants lui répondent en anglais lorsqu’ils détectent un accent quelconque ou un français imparfait. Parfois, lorsqu’elle réitère sa volonté de parler le français, certains commerçants dont la langue maternelle est le français continuent de lui parler en anglais.  

Vous en conviendrez sans doute, cette attitude est loin d’être une récompense pour des gens qui suspendent, dans la grande majorité des cas, leurs aspirations professionnelles pour bien s’intégrer à une société qui leur est étrangère. Je vous propose une campagne intitulée « Le français, ça se parle à deux ». Cette campagne aura pour but de sensibiliser les commerçants au devoir pédagogique qu’ils ont envers ces nouveaux arrivants. 

Je vous souhaite un merveilleux temps des fêtes et je vous remercie pour l’effort que vous consacrez pour la préservation de notre langue commune.  

Fadi Abboudy