FRANCOPHONIE ONTARIENNE

Faire respecter ses droits

« Une controverse ridicule, s’insurge l’ACFO* », le Droit du 13 février 2012. Et le journaliste Guillaume St-Pierre continue «L’idée est ancrée dans leurs têtes que quand les Anglais ont gagné la guerre, ça efface toute l’histoire de la présence francophone. Ils veulent qu’on agisse en peuple conquis et qu’on se contente des miettes ». Il est très important de ne pas oublier que si le Premier ministre Stephen Harper peut étaler généreusement la photo de la Reine, c’est parce que les Canadiens-français, d’une part, en 1774, ont repoussé les troupes américaines devant Québec et que, d’autre part, le lieutenant colonel De Salaberry, avec ses 300 Voltigeurs a empêché les Américains de s’emparer du Canada, en 1813. Encore une autre fois que les Canadiens-français, et les Amérindiens ont aidé l’Angleterre à façonner la carte de l’Amérique du Nord.

On n’entend jamais la minorité anglophone du Québec se plaindre des traitements que lui réserve la Belle Province, est-ce parce que cette minorité est moins chialeuse que la minorité francophone de l’Ontario ? Non, oh! Non, le Québec traite sa minorité aux petits oignons, tandis que l’Ontario traite malheureusement la sienne au compte-gouttes et souvent, la goutte fait défaut, comme c’est le cas à l’hôpital de Cornwall.

Parce que cet hôpital veut faire valoir ses droits au bilinguisme, accordés lors de la fusion d’un hôpital francophone à un anglophone, à la fin des années 1990, la municipalité de Stormont-Sud suspend le financement qu’elle s’était engagée à verser à l’hôpital (30 000$ par année sur 10 ans) afin de protester contre la politique de bilinguisme de l’établissement.

Si on juge un peuple par son sens civique envers la minorité, la Province du Premier ministre McGuinty a du rattrapage  à faire…. On est loin de cette bouffée d’amour destinée aux Québécois, lors du référendum, de 1995.

Maurice Marcotte, ex-Franco-ontarien
Gatineau

* Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO)