DÉVOILEMENT DU MONUMENT À PAPINEAU

Québec solidaire exclu de la cérémonie de dévoilement du monument à Papineau

Hier a eu lieu le dévoilement du monument érigé à Saint-Denis-sur-Richelieu en hommage au chef patriote Louis-Joseph Papineau. Tout le gratin souverainiste, péquiste et bloquiste. A participé à cette fête, la première ministre Marois en tête. Mais les organisateurs n’ont pas invité à cette fête l’autre parti souverainiste représenté à l’Assemblée nationale, Québec solidaire.

Dans le texte d’opinion qui suit, je soutiens que cette exclusion s’explique par le désir de l’élite traditionnelle du mouvement souverainiste de conserver sa suprématie au risque de le scléroser faute de sang neuf. Si elle se perpétue une telle attitude ne laisse rien présager de bon pour l’avenir de la cause indépendantiste.

Paul Cliche 

Pourquoi avoir exclu Québec solidaire de la cérémonie de dévoilement du monument à Louis-Joseph-Papineau?

Presque tout le gratin souverainiste a participé, le 21 octobre, à la cérémonie de dévoilement du monument érigé à l’effigie de Louis-Joseph Papineau à Saint-Denis-sur-Richelieu dans le cadre du 175e anniversaire des Patriotes de 1837-1838. La première ministre Pauline Marois, l’ex-premier ministre Bernard Landry, de nombreux ministres et députés péquistes, ainsi que le chef du Bloc québécois accompagné d’un député de cette formation et plusieurs personnalités étaient présents. Une quinzaine d’entre eux ont adressé la parole.

Même si l’accent de certaines allocutions a parfois été un peu « nationaleux », ce fut une fête bien réussie. Mais les organisateurs n’ont pas jugé bon d’inviter Québec solidaire, l’autre parti souverainiste représenté à l’Assemblée nationale, à se joindre à la célébration. Pourtant la présence des députés Françoise David et Amir Khadir n’aurait pas détonné lors de cet évènement organisé pour rendre hommage au chef patriote, un héros qui fait l’unanimité chez tous les souverainistes. Ayant raté cette occasion en or de faire preuve d’unité, la perspective de la prochaine mêlée électorale, qui se profile déjà derrière un éventuel vote  de non-confiance à l’Assemblée nationale, n’est pas encourageante pour le mouvement souverainiste. 

Cet incident symptomatique démontre une fois de plus qu’une élite traditionnelle désire à tout prix conserver son hégémonie sur le mouvement souverainiste. Hélas, les membres de cette élite ne semblent pas se rendre compte qu’en se comportant de cette façon ils contribuent à scléroser ce dernier parce qu’ils se privent de sang neuf absolument nécessaires à son rétablissement et à sa progression. Ainsi, les jeunes et les progressistes étaient rares à Saint-Denis le 21. Pourtant ces vieux pionniers de la souveraineté dédaignent la participation d’une formation qui en compte plusieurs dans ses rangs. Il en est de même pour Option nationale.

La raison qu’on fournit la plupart du temps pour expliquer cette fermeture s’apparente au prétexte énoncé d’une façon qui se voulait péremptoire par Gilles Duceppe lors de la dernière campagne électorale: Québec solidaire n’est pas un «vrai» parti souverainiste! Donc, on se réfugie  hypocritement derrière une prétendue orthodoxie au risque de fossiliser petit à petit le combat pour l’indépendance du Québec.

Paul Cliche, Montréal

22 octobre 2012