CHASSE AU RÉFÉRENDUM

Quand on est à court d’idées, pourquoi ne pas ressortir le vieux fantôme du référendum? On ne s’en est pas privé ces jours-ci. Ceux qui ont hier prôné cette tactique se sont aussi montrés singulièrement inaptes à la défendre de façon limpide et assurée. Tout d’abord, on a joué sur la confusion entre le référendum d’initiative populaire portant sur une question secondaire, les frais de scolarité par exemple, et le mythique Référendum qui doit faire du Québec un pays à part entière. Nous avons classé la question des frais de scolarité parmi les sujets secondaires, non parce que nous sous-estimons ce débat, mais parce que, soit que l’on paie ou que l’on ne paie pas, il s’agit toujours d’étudier et par là de donner à son esprit une forme et un contenu. Voilà où gît le problème principal. Quant au référendum, n’est-ce pas mettre la charrue devant les bœufs? On peut certes hésiter sur le « quand » et le « comment » bien que l’on sache que cette obsession cache une incertitude sur notre existence en tant que peuple distinct et clairement défini. Le référendum, au lieu d’être la première démarche de l’indépendance, doit en être la dernière, le couronnement. Les entêtés du référendum, par un dédoublement inconscient, font le jeu des « fédéralistes » en criant sans cesse aux urnes pour se précipiter tête baissée dans la défaite assurée. Non, l’indépendance réside dans un austère et exigeant travail sur nous-mêmes en tant que peuple. Nous ne sommes pas « prêts » parce que nous avons perdu une partie de notre être et que nous ne savons plus exactement qui nous sommes. Qui est ce peuple qui n’a plus que le métissage et la diversité pour définition si l’on se fie au discours de nos universitaires? Il s’agit de restaurer, dans le plein instant présent, notre identité et notre culture comme elles seraient, n’eût été la Conquête anglaise de 1760. Alors seulement comprendra-t-on le sens du Grand Référendum et sera-t-on en mesure de voter en pleine lucidité nationale.

Hubert Larocque, Gatineau.