RUE BERNARD-ASSINIWI

Monsieur le Maire,
Mesdames les conseillères,
Messieurs les conseillers,
info@gatineau.ca

Vous aurez bientôt à vous prononcer sur le changement de nom de la rue Amherst, un toponyme issu d’une époque coloniale farcie d’injustices et d’exactions. La proposition de changer le nom de cette rue pour Bernard-Assiniwi a le mérite de rendre hommage à un écrivain à la fois amérindien, québécois et originaire de l’Outaouais, que j’ai eu la chance de connaître. J’habite au coin de cette rue et serais enchanté de la voir s’appeler désormais la rue Bernard-Assiniwi, d’autant plus qu’à l’ouest elle aboutit aux abords du parc de la Gatineau et du sentier du Lac-des-Fées.

Ce serait un juste retour des choses de donner à cette rue le nom d’un homme qui, tout au long de sa vie, a partagé avec talent et passion l’héritage des peuples autochtones et s’est affirmé aussi comme un grand auteur francophone et québécois.

Sans s’attarder à faire le procès de Jeffery Amherst, le choix devrait être facile entre le travail de destruction de cet administrateur colonial qui prônait l’extermination (You will do well to try to innoculate the Indians by means of blankets, as well as every method that can serve to extirpate this execrable race) et l’oeuvre lumineuse de Bernard Assiniwi pour qui l’amérindien considérait la liberté de l’être comme la chose la plus chère à son cœur et était toujours prêt à partager ce qu’il possédait.

Je compte sur vous pour prendre cette décision éclairée.

Jean Perron
Gatineau