LA FÊTE NATIONALE : NOUS AVONS QUITTÉ NOS VILLAGES…

Nous avons quitté nos villages pour voir plus grand, pour voir plus beau, pour voir plus loin. Nous avons quitté le nid de nos rêves d’enfance pour traverser la frontières de nos idéaux de grandeurs rompus à coup de mentalités nous confinant à des opinions qui nous isolaient et nous emmuraient dans des rêves plus petits, plus menus, plus à portée de la main.

Nous avons tous un jour ou un autre donné nos vêtements trop étroits pour nous revêtir de dignité, de force, d’esprit de nos traditions de notre langue. Nous avons tous voulu rejoindre un monde où il était permis de vivre en français, de nous y épanouir, de connaître des longueurs sans temps à jaser, autour d’une tablée remplie de cousins et de cousines, du passé, des coups pendables, des souvenirs de nos trépassés qui ont parlé la même langue avant nous.

Nous avons voulu connaître des espaces sans limites à rouler sur des routes qui nous ramenaient à notre enfance, à nos origines, à nos racines. Nous avons voulu devenir des bastions forts de notre identité par le simple fait de dire des ‘je t’aime’, des ‘à tout à l’heure’ et des ‘je’r’viendrai l’année prochaine’ en français.

La fête de la francophonie en Outaouais est l’un de ces bastions distinctif où nous venons tous, une fois par année, nous dire entre nous des ‘je t’aime’, des ‘ch’us fier d’être icitte’ et des ‘maudit qu’cé l’fun d’être vivant… en français’.

Et je crois que nous devons une fière chandelle à l’organisateur principal de cette merveilleuse fête, Impératif français, qui nous permet, une fois de plus, encore une fois cette année, malgré les coupures imposées par un gouvernement qui ne connaît ni la valeur des traditions d’un peuple de raison et passionné, bâtisseur de pays, de poètes, d’écrivains, d’intellectuels, de fondeurs de famille, de travailleurs de ‘jobs’ humbles… de bâtisseurs de ce pays qui est le nôtre, de venir célébrer notre héritage francophone.

Nous avons quitté nos villages en nous disant que ce serait meilleur ailleurs.  Nous avons quitté ceux qui nous disaient que ce n’était pas possible de rêver d’éducation, de célébration, de tradition, de politique, d’églises à reconstruire, de soupers communautaires, de Dieu laissé dans les tiroirs ou encore présent en nous. Nous avons quitté tout ce qui nous contraignait à penser et à croire que nous n’étions qu’un petit peuple!

À nous de quitter à nouveau ce village où les mauvaises langues nous interdisent de célébrer qui nous sommes, en français… en Outaouais…

Bonne fête de la francophonie à toutes et à tous…  et bonne fête de la Saint-Jean!

Sylvie Filion
Gatineau