FÉDÉRATION QUÉBÉCOISE DES MASSOTHÉRAPEUTES

J’arrive du Mexique où j’ai pu profiter des services de massothérapeutes professionnelles à quelques occasions. Quelques mois dans la région du lac Chapala où vivent des milliers d’américains et de canadiens à la retraite (unilingues anglophones pour la plupart).  Or si les Mexicains font de sérieux efforts pour communiquer dans un anglais approximatif, commerce oblige, il ne leur viendrait même pas à l’esprit de modifier leur affichage ou de traduire un document comme un reçu. Et personne ne s’en plaint, au contraire car l’exposition quotidienne à la langue espagnole et l’absence générale de traduction oblige à développer sa compréhension de la langue écrite, faute de pouvoir s’exprimer oralement avec facilité.  En somme ces gens se respectent, ils n’ont pas de complexes par rapport à leur langue et leurs interlocuteurs ne s’en offusquent guère.  

Au Québec par contre il s’est développé un état d’esprit comparable à ce qui a pu sévir en Afrique à l’époque coloniale. État d’esprit qui fait en sorte qu’il est honteux de ne pas pouvoir s’exprimer correctement dans la langue du maître. Connaître et parler parfaitement le français ne suffit pas. Parler correctement le français et deux autres langues comme l’espagnol et l’allemand ne suffit pas car c’est la langue de la société canadienne dominante qui importe. C’est pourquoi les services publics et les commerces nous infligent le célèbre « FOR ENGLISH PRESS 9 »  20 fois par jour, question de rappeler aux anglophones, bilingues ou non, que malgré la Charte de la langue française l’usage du français n’est pas obligatoire au Québec, que les Québécois sont prêts à tout pour leur éviter un effort, qu’il suffit d’appuyer sur le code 9 et un Québécois de service pourra les servir en s’excusant de son accent.  Religion bilingue oblige, voilà que, accommodement déraisonnable et non sollicité s’il en est un, votre organisme impose à ses membres et à leur clientèle l’usage de documents bilingues, contribuant ainsi à répandre le message que le français n’est pas la langue d’usage normale au Québec.   

Nous osons croire que cette décision est le fruit de l’inconscience et qu’un minimum de réflexion aura pour effet de vous faire annuler cette décision et revenir à l’état de chose ante. La Fédération québécoise des massothérapeutes y regagnerait le respect qu’elle est en train de perdre.

Gérard Laurin,
Gatineau  QC