CÉLINE COOPER

Vous semblez être devenue la nouvelle coqueluche des journaux montréalais avec vos articles parus dernièrement titrant des choses comme : « French is alive and well » ou « La crise de la quarantaine nationaliste », et autres.

Vous aurez vite compris que je n’endosse pas vos écrits;  écrits que je trouve trop faciles et quelque peu opportunistes.

Il serait en effet facile pour quelqu’un avec le ventre plein de faire une étude sociologique concluant que  la famine sur la terre est sous contrôle et que ça n’a jamais été aussi bien depuis des décennies à ce sujet.  Vous aurez aussi vite compris que les gens qui ont faim n’en auraient pas grand-chose à foutre d’une telle étude.

Parallèlement,  plusieurs des 6 millions de Québécois francophones qui se sentent menacés par la « légère » vague anglophone de 360 millions de personnes pratiquement unilingues en Amérique, n’en ont pas grand-chose à foutre de vos écrits et opinions.

Plusieurs anglophones, allophones, et mêmes francophones avoueront, tant bien que mal, que l’avenir et la survie de la langue française au Québec ne les préoccupe qu’assez peu, ou même pas du tout. Quelques-uns avoueront même que la disparition de la langue française serait potentiellement  un atout en ce sens que ce débat serait au moins réglé une fois pour toutes.

Ces personnes sont-elles racistes? Oui, non, un peu, je ne sais pas, peut-être.

Vous aurez bien compris encore une fois que vos articles tombent pile.  Vos articles donnent, définitivement bonne bouche à tous ces gens qui se sentent plus ou moins coupables quand au fond, ils y pensent.

Vos articles et écrits sont définitivement rafraîchissants pour tous ces gens qui peuvent alors maintenant vivre leurs vies « en paix », sachant qu’il n’y en a plus de problèmes avec la langue française au Québec!!  Assez utile en effet vos articles…

Tous ces gens,  Madame Cooper,  ne sont pas des racistes.  Ce ne sont que des gens indifférents à la survie de la langue française.  Le vrai raciste c’est vous.  Parce que vous,  consciemment ou pas,  savez très bien que la langue française est très menacée à Montréal et au Québec.  Vous,  comme tout le monde le savez, consciemment ou pas,  très bien.

Mais,  c’est vous qui vous donnez la peine d’écrire de telles faussetés;  faussetés tellement évidentes …

Jacques Lafond