BONAVENTURE : VICTOIRE CONVENUE

Il ne fallait pas s’attendre à autre chose et il est assez secondaire de commenter les fractions de gains ou de pertes au fond des urnes.  Sans doute Bonaventure a-t-il un lourd passé de connivence libérale et la barre ne peut se redresser si facilement. L’électorat a toujours un certain retard sur l’état politique réel.  Aussi ce vote n’a pas enregistré l’usure du parti libéral, les inévitables corruptions que traîne avec soi tout long exercice du pouvoir. Différents facteurs  marginaux mais à incidence réelle ont pu jouer, tel le souvenir de la petite fille du coin, Mme Normandeau, ou la mainmise du clan Arsenault sur maintes affaires locales.

C’est l’intérêt national qui devrait déterminer au plus haut point le choix d’un candidat, d’un parti. Pour que cet intérêt soit évident, il faudrait qu’il soit montré, réexposé et réactualisé sans cesse par une élite vigilante et au-dessus de tout esprit de parti. Or le Québec ne dispose d’aucun intellectuel, d’aucun homme politique d’envergure nationale. Soit qu’ils ne s’intéressent qu’à certains secteurs de la vie collective, économie, santé, éducation, etc., soit que leur regard s’évade au-dessus du Québec pour  s’attacher à des questions de géopolitique étrangère ou de technologies branchées.   À moins qu’ils ne s’avèrent incapables de ressasser autre chose  que les impasses fédéralistes et « nationalistes » des quarante dernières années.

Voter pour le parti libéral de M. Charest, c’est avant tout voter pour l’intérêt de sa base anglophone et allophone et pour un statu quo régressif. N’est-ce pas pour cette raison que ce parti maintient  le taux d’immigration à 55,000 par année? Quant au Parti québécois, ses luttes intestines dépendent d’un sens national  affaibli et confusément affirmé. Dans ces conditions, comment voulez-vous que l’électorat distingue où se trouve l’intérêt vital du Québec?

Hubert Larocque, Gatineau.